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DPLV / SECTION LANGUEDOC SUD

BULLETIN DE LIAISON – DECEMBRE 2007

 

Section DPLV/Languedoc Sud – siège social

Au domicile du président

Roger FIORIO – 4 rue du serpolet – 34790 GRABELS

Sommaire

 

 

2- Le mot du secrétaire général : 2

3- Congrès national DPLV 2007 / METZ – 7, 8,9 sept – 80ème anniversaire. 3

4- Les Croisades : la geste ou le péché?    Paul Blanc, ambassadeur de France. 4

5- LE PASSAGE DU RHIN,                                                                 par Francis TURELIER.. 6

6- LES NÔTRES A L’HONNEUR.. 8

7- LES « EXTRA » DE LA SECTION.. 9

Repas d’amitié par secteur : 11 septembre 2007/ MONTPELLIER.. 9

Sortie touristique au prieuré St Michel de GRANDMONT (4 octobre 2007) : 10

8- LA PAROLE AUX MEMBRES. 11

9- ETRE UN HOMME                                   Rudyard Kipling. 12

10- CEREMONIES PATRIOTIQUES. 12

Montpellier/Journée du souvenir- Harkis et supplétifs d’Algérie (25 sept.-07). 13

11 novembre Montpellier 13

Commémoration des combats d’AFN / 5 décembre / Montpellier : 14

11- ADIEUX A NOS DISPARUS. 14

Gustave LE GUEN.. 14

Benjamin MARTIN.. 15

Roger LALEVEE.. 15

12-  INAUGURATION DU MUR DES DISPARUS D’ALGERIE à Perpignan/25 nov-07 : 15

 

 

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Cotisations 2008 : titulaire et associé, 30 euros – héritier, 18 euros – bienfaiteur, 75 euros

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1- LE MESSAGE DU PRÉSIDENT

 

L'année 2007 s'achève dans d’assez bonnes conditions pour notre Association, et disons-le tout net, pour nous qui sommes toujours là pour profiter de la vie. Car malheureusement des camarades nous ont encore quittés; je ne peux les citer tous. J'évoquerai tout de même la mémoire de notre ancien et fidèle trésorier LALEVEE emporté il y a peu et qui nous manquera beaucoup.

Mais l'année 2008 sonne déjà à la porte, et elle nous trouvera toujours aussi résolus pour animer du mieux possible notre Section.

Pour suivre l'exemple de notre cher ancien Président et regretté colonel FOUCHER, nous avons repris le cycle des réunions bi ou trimestrielles du Bureau en alternance dans les différents horizons de notre Section afin de nous rapprocher des adhérents pour qui les déplacements lointains sont pénibles. C’est ainsi que nous nous sommes réunis à Montpellier, au Clos des Hirondelles, où beaucoup de nos adhérents nous ont rejoints à midi pour l'apéritif et le repas. L'ambiance a été excellente de l'avis général. Le 18 décembre ce sera le tour de Béziers et des fidèles du Biterrois. J'espère qu'ils seront nombreux pour ces retrouvailles.

Nous étions présents au Congrès national à Metz par le biais de notre premier vice-président l'Ambassadeur Paul BLANC et de notre secrétaire général Michel BAIN. Dans les différentes cérémonies patriotiques départementales on a très souvent vu le drapeau de la Section que portait notre dévouée Sylviane BOUTRIN ou Michel BAIN accompagnés du Président ou de l'un des vice-­présidents. Nous sommes donc bien présents partout où la Patrie est évoquée.

Enfin la dernière sortie touristique à l'Abbaye de Grammont a un peu plus soudé nos adhérents, présents en bon nombre, et apparemment ravis de la balade et du déjeuner. Nous prévoyons pour bientôt une nouvelle sortie avec comme objet les châteaux cathares. J'espère bien que vous serez nombreux à répondre « présents».

Il me reste à souhaiter pour 2008 longue vie à notre Association, et à vous tous mes chers amis, une bonne et heureuse année, et surtout beaucoup de santé.

 

2- Le mot du secrétaire général :

 

Au cours de l’AG 2007, notre jeune président (71 ans, presque un jeune homme aux standards de notre amicale !) Roger FIORIO m’avait demandé (je suis de 1936, comme lui) d’assumer la fonction de secrétaire général de notre section DPLV/Languedoc-Sud pour y apporter des idées.

Je lui devais bien ça : quelques années auparavant, il avait accepté la même fonction de sec. gén. au sein de l’amicale TDM/Hérault alors  que j’en étais le président.

En voici deux, pas très neuves mais nécessaires :

·         Alimenter notre bulletin : chacun de nous a un riche passé de combattant et donc des récits/témoignages personnels  à transmettre. Alors à vos plumes ! La grande histoire, laissons-là aux historiens. La petite histoire, c’est la nôtre... elle aussi est passionnante et parle au cœur.

                

·         Prévoir notre éloge funèbre : comme nous ne sommes pas immortels, nous aurons droit à cet éloge quand nous serons dans le cercueil. Un rappel de carrière préparé par vos soins, que j’archiverai,  serait bienvenu. Vous pourriez y joindre le texte d’une de vos citations ou le rappel d’un acte de courage qui serait lu au cours de cet éloge.

«Fiers de notre passé, nous regardons la mort en face »

 

Décision du Conseil d’administration : les plaques mortuaires DPLV ne seront plus mises en vente mais offertes en dernier hommage à chacun le moment venu (le plus tard possible !).


 

3- Congrès national DPLV 2007 / METZ – 7, 8,9 sept – 80ème anniversaire

 

AG congrès DPLV 2007, 1NB

AG au conseil régional de Lorraine

 

 

Nous devions être 3 de la section Languedoc/Sud à participer à ce congrès.

Notre ambassadeur Paul Blanc mandaté par notre président, Robert Bayle, du CA, et moi-même, tout nouveau secrétaire général et porte-drapeau pour l’occasion.

Bayle a eu un accident de voiture, de peu de conséquences physiques pour son épouse et lui-même, mais pas pour la voiture ! De ce fait, nous n’étions plus que deux.

Le point principal de la réunion des présidents comme de l’assemblée générale a été l’action en justice qui oppose le général GAGET, notre président national, au président de la section Ile de France, section dont la gestion financière a manqué de contrôles sérieux pendant quelques années.

Le général GAGET a fait voter une motion de soutien à ses décisions qui a obtenu les voix de 39 sections sur 41.

Comme toute action judiciaire, celle-ci a un coût : 8 000 euros  cette année, et au moins autant l’année prochaine, le président de la section Ile de France étant un procédurier redoutable.

De ce fait, la question de l’indépendance financière des sections, que nous souhaitons, comme d’autres, et pour laquelle nous avions déposé une question écrite, a été effleurée. Nous la reposerons à l’AG 2008 en veillant à qu’il y soit répondu clairement.

...La première journée a donc été plutôt morose, d’autant qu’en raison d’un transport urbain défaillant, le dépôt de gerbe au fort de Queleu, aux abords de Metz a été bâclé et la visite du fort où ont transité pendant la deuxième guerre mondiale près de 1800 mosellans, réfractaires ou résistants, annulée.

... Au cours de la deuxième, nous avons dévoilé une plaque au nom des DPLV dans la crypte de l’ossuaire de Douaumont, ranimé la flamme et écouté « le soldat inconnu », magnifique hommage à ces inconnus morts pour leur Patrie, que l’on entend aussi au ranimage de la flamme sous l’Arc de Triomphe, tout tremblants d’émotion. Puis nous avons parcouru les abords du fort de Douaumont sous la houlette d’un camarade de Verdun. C’est ainsi que nous avons appris que dans ce fort pris et repris, prévu pour héberger 800 hommes (avec seulement 400 couchettes) et servir aussi de dépôt d’armes et de munitions, les allemands ont entassé jusqu’à 1800 hommes dont 650 périrent au cours d’un incendie.

Puis nous avons été reçu Mr FOURNEL maire de Longwy, ville décorée de la Légion d’Honneur (il y en 15 en Lorraine), occasion pour le général GAGET, d’inviter les communes à adhérer aux DPLV à titre de personne morale.

Le dernier jour, grand’messe dans la belle cathédrale gothique de Metz en grès rose et à la surface de vitraux la plus importante d’Europe, dit-on ; dépôt de gerbes au monument aux Morts de la ville et sympathique vin d’honneur en mairie.

 

La Lorraine est patriote et entretient la mémoire combattante. C’est ce qui ressort de toutes les allocutions des diverses autorités.

Une visite commentée de Metz, ville qui a de l’allure, embellie aussi bien par les français que par les allemands, aurait été appréciée...mais tout congrès a ses impératifs !

                                                          

A Longwy, allocution de Mr FOURNEL, maire

 

 

 

Ossuaire de Douaumont

La crypte

 
Ossuaire Douaumont, 1NBEn mairie de Longwy, 4NB

 

 

 

Le mot de la fin sera celui du gal GAGET : « chers compagnons, rendez-vous l’année prochaine à Paris pour l’AG...gloire et honneur aux DPLV ! »

De notre côté, nous espérons que les drapeaux des 41 sections regroupant environ 2600 membres seront tous présents sous l’Arc de Triomphe en 2008.

 

4- Les Croisades : la geste ou le péché?    Paul Blanc, ambassadeur de France

 

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«Peuples des cathédrales, je ne t'ai pas trouvé léger en foi, peuple des Croisades, je ne t'ai pas trouvé léger en charité », dit Dieu à la France dans un poème de Charles Péguy.

Mais aujourd'hui, quand un homme politique musulman veut en un seul mot faire condamner une action d'un dirigeant occidental par l'ensemble de la« Umma », de la communauté islamique, il lui suffit de qualifier de «Croisé» l'auteur de l'initiative.

 

Et, en partie parce que la repentance a bonne presse chez les Français de notre temps; en partie parce que, chrétiens ou pas, les Occidentaux désirent plaire à l'Islam dès lors qu'il ne se manifeste pas par des massacres collectifs ou des attentats individuels, nos compatriotes ont pris l'habitude de se voiler la face dès que le mot « Croisade» est prononcé devant eux. Ils ignorent le plus souvent quelle réalité cache ce mot mais trouvent dans l'autopunition à coups de cette « discipline» dont Laurent, valet de Tartuffe, se servait pour serrer la haire de son maître, un apaisement de la conscience et une justification à la politique de repli historique.

 

Les livres d'histoire, à usage des écoliers comme des professionnels, recensent huit Croisades étalées entre 1096 et 1270, lorsque Saint Louis meurt de la peste devant Tunis avec la majorité de son armée. Mais on n'exagèrerait guère en disant qu'il a existé seulement une véritable Croisade, la Première, celle de 1096 à 1099, et que les expéditions qui ont suivi pendant cent soixante-dix ans ont eu pour objet, ou bien de régler des comptes entre souverains occidentaux comme la Deuxième et la Troisième Croisades; de détourner les Croisés vers la destruction de l'Empire byzantin comme la Quatrième; de prendre pour objectif, non la Terre Sainte elle-même, mais l'Egypte ou la Tunisie, comme la Cinquième, la Septième et la Huitième; la Sixième, conduite par un personnage de légende, Frédéric II de Hohenstaufen, ayant obtenu des résultats politiques non négligeables mais sans engager le moindre combat.

 

En fait, pendant près de deux siècles ont existé au Levant un Royaume « franc » de Jérusalem et ses satellites féodaux, Comté d'Edesse, Principauté d'Antioche et Comté de Tripoli, l'ensemble constituant une entité territoriale et politique aussi cohérente que les Etats du Proche Orient qui sont devenus, souvent ses adversaires, toujours ses partenaires et quelquefois ses alliés. Chypre, conquise sur Byzance par Richard Cœur de Lion en 1192 mais très vite passée entre les mains des Lusignan qui l'imprégnèrent d'une profonde influence française pendant deux siècles et demi, complétait le dispositif permanent des Francs dans cette partie de l'Orient. Quant au Royaume de Petite Arménie, situé au nord de l'ensemble franc, il usa de son indépendance de fait (dans la mouvance théorique de l'Empereur) pour, tantôt soutenir des voisins qui partageaient sa foi, tantôt s'allier à leurs adversaires par solidarité entre autochtones du Proche Orient.

 

Ainsi pendant la période du onzième au treizième siècle cinq protagonistes cohabitent au Levant, hostiles les uns aux autres en dépit d'alliances fugaces: les Byzantins, très affaiblis par la défaite de Manzikert en 1072 et sauvés du désastre par les Croisés; les Arabes eux­-mêmes divisés, le Sultan fatimide, donc chiite, petit-fils du mythomane et sanguinaire Hakim ayant été chassé par son Vizir sunnite, fils d'Ayoub et descendant d'esclave kurde,Saladin ; les Turcs Seldjoukides, au sommet de leur puissance, établis à Nicée puis, après en avoir été chassés par les Croisés, à Damas, qui lanceront un djihad contre les Francs mais deviendront leurs alliés, malheureux, en 1244, lors de la conquête de Jérusalem par les Mamelouks ( anciens janissaires fils d'esclaves ayant pris le pouvoir aux Ayyoubides en Egypte) ; les Mongols en pleine expansion que les Croisés aideront à battre les Turcs à Kosé Dagh en 1243 , dont le seigneur, Hulagu, fils de Gengis Khan, a proposé à Saint Louis un traité d'amitié contre les Arabes et qui ont failli sauver les Francs en 1291 quand ceux-ci défendaient leur dernière place forte, Saint Jean d'Acre, face aux Mamelouks; les Francs enfin, dont le nombre s'accroît, par l'arrivée de colons venus par mer, par la naissance sur place de « Poulains », homologues des Pieds Noirs d'Afrique du Nord, par des mariages avec des gens du pays au point que la population se persuade volontiers d'être établie à demeure au Levant et s'orientalise peu à peu.

 

 Souvent, mais pas toujours, en guerre avec leurs voisins, les Francs construisent plus d'une soixantaine de châteaux forts étalés d'Akaba sur la Mer Rouge à Sis en Turquie actuelle, leur technique dans ce domaine l'emportant d'ailleurs sur celle des Arabes. Ils édifient aussi des églises dont certaines ont survécu comme Saint Jean Marc à Byblos. Les plus lettrés d'entre eux prendront contact, dans des conditions mal définies et que les historiens sont bien en peine d'expliquer, avec des ouvrages arabes et notamment des traductions des penseurs grecs...encore que la vraie source d'approvisionnement en littérature gréco-arabe au Moyen Age se trouve plutôt en Espagne et que le contact avec Byzance ait sans doute porté plus de fruits culturels que la familiarité avec le monde arabe. Les deux siècles de présence d'un royaume franc au Levant ont ouvert la voie à un développement du commerce entre les extrémités opposée de la Méditerranée qui ne s'est jamais interrompu et qui a servi ensuite de base à l'établissement de rapports politico-économiques permanents.

 

A l'encontre d'une croyance répandue en France, surtout dans notre temps, les Croisades n'ont eu à aucun moment pour objet de conduire une « guerre sainte », terme dont la signification théologique n'a rien à voir avec notre sujet, ou de convertir les populations locales. Tous les historiens sont d'accord sur ce point: il s'agissait au départ d'assurer une protection durable des activités religieuses chrétiennes dans la région et en particulier à Jérusalem, ce qui explique la création des Ordre de chevalerie spécialisés, Hospitaliers et Templiers; ensuite de défendre le petit royaume chrétien créé un peu par hasard au Proche Orient. On se souviendra en revanche que le jihad ( « élan» plutôt que« guerre sainte» au sens étymologique) a abouti à la conversion forcée de millions de personnes sur plusieurs continents; que quatre siècles après la conquête de l'Espagne par les Arabes, ce genre de jihad a provoqué la brutale invasion des Almoravides et deux siècles plus tard la plus brutale encore agression des Almohades; que ce genre de jihad est admis aujourd'hui par des personnalités musulmanes modérées comme le moteur de l'action de leurs coreligionnaires extrémistes

 

Tout ceci confirme que l'imprécation «Croisé! » lancée à tort et à travers par certains hommes politiques musulmans (parfois d'ailleurs hérétiques comme les Druzes ou les Alaouites) contre leurs interlocuteurs occidentaux, présumés chrétiens, ne peut avoir de sens que pour alimenter en péchés les amateurs, occidentaux aussi, spécialement français, de repentance.

 

 

 

5- LE PASSAGE DU RHIN,                                                                 par Francis TURELIER

 

Francis TURELIER, major retraité, officier de la LH, est membre de notre section Languedoc Sud. Agent de liaison d’un maquis limousin, il signe un engagement de 3 ans en décembre 1944.         Début janvier 1945, muni du paquetage américain, il est affecté au 62ème régiment d’artillerie d’Afrique, où il fallait « boucher les trous », à la 7ème batterie, équipée de M7 (châssis      Sherman et canon de 105mmm ; portée, 15km), comme 1er pourvoyeur.

L’origine ethnique de son équipe de pièce est variée : le pilote et le chargeur sont arabes, l’artificier et l’auxiliaire sont corses, le chef de pièce, le pointeur et le tireur sont pieds-noirs ; les deux pourvoyeurs sont métropolitains.

Notre camarade participe à la réduction de la poche de Colmar. Il devient artificier, le titulaire ayant été gravement blessé. 

En mars, la 1ère Armée française franchit le Rhin....Turelier raconte....

Nous sommes chargés de soutenir l’Infanterie qui doit franchir le Rhin à GERMERSHEIM. Il y a, paraît-il, vingt groupes d’Artillerie pour appuyer ce passage, soit 360 bouches à feu qui crachent sur les objectifs allemands de la rive est.

Les embarcations d’assaut sont mises à l’eau, mais elles subissent un feu d’enfer provenant de la rive opposée et de blockhaus placés sur les îlots du fleuve. Ce premier groupe d’assaut rebrousse chemin avec de lourdes pertes.

Nous sommes aux premières loges avec nos chars qui tirent à grandes cadences. Des cadavres partent au fil du courant. Nous sommes sérieusement pilonnés.

Le capitaine COULOUME LABARTHE, habituellement à l’avant avec l’Infanterie pour diriger les appuis feu, est avec nous pour ce grand combat ; malgré les tirs de canon de 88mm ennemis, il reste debout pour désigner les objectifs.

Les half-tracks font la navette pour nous ravitailler en munitions ; par instant nous arrivons à rupture de stock, les pièces voisines les mieux pourvues nous ravitaillent.

Un obus de 88mm tombe en plein dans le half-track du lieutenant de tir ; il est tué ainsi que son équipe, sauf le brigadier chef radio qui a les deux jambes brisées. Les morts et le blessé sont alignés sous un arbre avant d’être évacués ; l’infirmier donne les premiers soins au blessé.

Le Capitaine COULOUME LABARTHE fait équiper le half-track de réserve, et reconstitue une équipe avec l’officier DLO (Détachement de liaison et d’observation).

Les obus de 88mm nous passent au dessus de la tête avec de longs sifflements, nous avons creusé des tranchées à côté des chars, mais en pleine action pas question de les utiliser : il faut servir les tubes.

Je suis à terre avec mes deux pourvoyeurs et l’auxiliaire pour préparer les munitions et alimenter la bouche à feu qui tire sans répit. Nous employons un panaché d’obus avec fusée à retard et d’obus avec fusée pozit, pour gêner au maximum l’ennemi et permettre à notre infanterie d’aborder. Sur toute la ligne du front, le long du Rhin, ce doit être la même fébrilité. Ce que je vois avec l’œil du 2ème classe servant d’un char c’est ce qui se passe devant et autour de moi. Mon univers ce sont les 6 pièces de la batterie, les half-tracks de ravitaillement et de défense, les blindés qui nous entourent et l’Infanterie qui subit le plus gros du combat en essayant d’établir une tête de pont de l’autre côté du Rhin.

J’entends un sifflement bref, c’est un obus qui nous arrive sur le nez : avec mes pourvoyeurs nous avons juste le temps de plonger. L’obus est tombé à trois mètres, nous étions sous la gerbe des éclats, nous sommes tous les trois couverts de terre et complètement sonnés et sourds. L’arrivée à été tellement rapide que nous n’avons pas pensé à ouvrir la bouche pour décompresser, les tympans en ont pris un coup, du sang nous sort des oreilles. Nous sommes remplacés, le temps d’aller à l’arrière nous faire soigner à la tente de l’infirmerie où le médecin nous désinfecte les oreilles et les examine. Il donne des directives pour nos soins à notre infirmier. Sur un papier qu’il nous tend, il a inscrit « Vous êtes sourd momentanément, l’ ouie vous reviendra vite, vous avez reçu un traumatisme sonore assez grave. Retournez à la pièce car on a besoin de vous. Votre margi vous commandera par gestes ! »

Nous reprenons le travail ; heureusement le « pélot » n’est pas tombé sur le tas de munitions, car nous ne serions plus que charpie.

Le margi CHEYLAN me montre avec les doigts le nombre d’obus à préparer et les charges à utiliser (nous sommes tellement près des Allemands que nous n’utilisons que les charges un ou deux). Petit à petit je commence à entendre le bruit du canon, puis le tac tac des mitrailleuses et enfin le bruit des voix. Le médecin nous envoie un certificat de constatation de blessure que nous glisserons dans le paquetage.

Le 31 Mars 1945, à 8h, la tête de pont est établie par une compagnie de marocains qui a réussi à franchir le fleuve ; elle tient 150 mètres de largeur sur 50 mètres de profondeur ; nous sommes heureux. Dans ce couloir les renforts vont pouvoir arriver rapidement, non sans beaucoup de pertes. Les Allemands lancent une contre attaque pour essayer de submerger la tête de pont, nous groupons nos tirs sur celle-ci ; les marocains, le dos au fleuve, réussissent à la repousser, ainsi que les trois autres qui suivent, puis ils se lancent à l’assaut et enlèvent des casemates, fortifiant ainsi la tête de pont. Nous apprenons les évènements par le margi CHEYLAN qui est informé par le lieutenant de tir et le capitaine.

Ce 31 Mars 1945 nous sommes fiers, le Rhin est franchi. A GERMERSHEIM, les sapeurs, grâce à leurs moyens, ont réussi à faire passer deux pelotons de TD (Tank Destroyer de 40 tonnes équipés d’un canon de 75mm et de mitrailleuses 12mm7 et 7,6mm) et un peloton de chars légers. Le Capitaine COULOUME LABARTHE est blessé à la jambe. Il ne se laisse évacuer qu’une fois la mission accomplie. Il est remplacé par un corse, le Capitaine BENEDETTI.

Le Dimanche 1er Avril 1945, jour de Pâques, l’aumônier célèbre une messe en plein air. J’y assiste et communie ; nous y prions pour nos camarades laissés sur le chemin des combats.

Le calme étant revenu, le Capitaine BENEDETTI rassemble la batterie et fait présenter les armes en l’honneur de nos morts de Colmar et de ceux des derniers combats. Il nous lit un ordre du jour adressé à l’Armée par le Général De LATTRE de TASSIGNY et concernant la victoire de Colmar.

Victoire de Colmar,

 

On dit que les mères ont une spéciale tendresse pour ceux de leurs enfants qui leur ont donné le plus de peine. Et c’est peut être pourquoi la 1 ère Armée Française a choisi cette victoire de Colmar comme symbole central de toutes ses victoires.

Car ce fut en vérité une âpre et terrible bataille.

On l’a vu par les comptes rendus quotidiens des efforts perpétuels et lentement récompensés d’une Armée de plus de 400000 hommes, toute entière concentrée sur le même objectif, portée pendant trois semaines à bout de bras, attaquant sans répit un adversaire obstiné et courageux que la certitude même de sa défaite ne faisait pas fléchir.

Mais rien ne rendra jamais ce que l’hiver le plus cruel, mariant le froid, le vent, la neige, le verglas, a pu ajouter à la souffrance des hommes, et des plus misérables d’entre tous, les Fantassins.

Il n’est que la guerre pour reculer à ce point les limites du sacrifice.

Pour 2137 des nôtres, ce sacrifice a été total. Cinq fois plus nombreux étaient les blessés, exactement Il 253. Les pertes de la Werhmarcht étaient deux fois supérieures, s’y ajoutent les 20000 prisonniers capturés par les diverses unités de l’Armée. Pratiquement la 19ème Armée Allemande est anéantie. »

Cet ordre de jour, lu avec retard, nous gonfle de fierté, nous, un petit maillon de la victoire. Nous sommes heureux de la reconnaissance de nos sacrifices par notre grand chef et sommes prêts pour de nouveaux combats jusqu’à la victoire finale. »

 Ce message tardif nous a redonné du tonus pour notre tâche difficile.

Toute la force blindée ne peut franchir le Rhin à GERMERSHEIM. Aussi notre Régiment remonte à grande vitesse vers le pont de bateaux américains construit près de MANNHEIM. Avec nos chars de 25 tonnes, nous fonçons à plus de 55 km/h, ce qui est une performance.

Nous arrivons à LUDWIGSHAFEN AM RHEIN, palatinat en face de MANNHEIM. Le pont est monté sur bateaux, il faut l’aborder avec prudence, les MP (Military Police) nous guident.

De l’autre côté du Rhin nous apercevons Mannheim entièrement en flammes.

Pour nous, la campagne d’Allemagne commence.

6- LES NÔTRES A L’HONNEUR

 

La Section a appris avec plaisir que deux de ses adhérents promus dans le courant de l’année avaient reçu les insignes de leur décoration au cours de cérémonies officielle ou privée. Le président leur renouvelle ses plus vifs compliments.

 

« Lu dans Midi-Libre»

Une nouvelle décoration pour Jean-Pierre Lopez

            Maître de cérémonie dans la plupart des commémorations sétoises, Jean-Pierre Lopez a été promu au grade d'officier de l'Ordre National du Mérite, le 14 juillet dernier.

            C'est le général de division Yves JACOBS, commandant l'Ecole d'application de l'infanterie, qui lui a remis sa décoration à Montpellier, sur la place de la Comédie.

Adjudant-chef en retraite, Jean-Pierre Lopez est déjà titulaire de la Légion d'honneur (chevalier), de la médaille militaire, de la croix de la valeur militaire (quatre citations), de la croix du combattant volontaire (Algérie) et de la croix du combattant.

Un palmarès et un parcours impressionnants. Né le 10 mai 1936 à Oran, Jean-Pierre Lopez s'est engagé en 1955 dans l'armée de l'air puis dans l'armée de terre en qualité d'interprète. Il a terminé sa carrière au 81ème régiment d'infanterie (RI) alors à Sète. Retraité très actif, il préside la 347ème section des médaillés militaires de Sète, la section locale de l'armée d'Afrique et de l'amicale du 8ème  RI.

 

Promotion dans l’Ordre de la Légion d’Honneur de Gabriel FERRADOU :

Le décoré et sa famille, 2

Le récipiendaire entouré de son épouse, de ses enfants et petits enfants

 

Le samedi 22 sept.-07, en fin de matinée, au cours d’une belle et sobre cérémonie à la mairie de MONTREDON, notre camarade, le lieutenant-colonel (H) Lucien FERRADOU (1926), artilleur, a été promu au grade d’officier dans notre premier Ordre national.

Très ému, il en a reçu les insignes des mains de son beau-frère, le colonel Jean DESERT-LACAY, en présence de son épouse, de ses cinq enfants et de cinq petits enfants.

Mr le maire de MONTREDON, Bernard GEA, avait ceint son écharpe pour l’occasion.

4 drapeaux étaient présents : DPLV/LS, AC/ MONTREDON, AC/EO et Missions Extérieures/AUDE, Commune/ MONTREDON.

Après la remise de Croix au décoré, Mr André CHEVALIER, président AC/EOME/AUDE, a rappelé sa carrière et ses titres de guerre. Nous n’en retiendrons que les volets « opérationnels » : un séjour en Indochine en 50/51 et plusieurs années en AFN : Tunisie, 1 citation ;  Algérie, 3 citations dont 1 à l’ordre de l’Armée, à la tête d’un commando de chasse.

Puis le décoré a reçu un bouquet de fleurs des mains d’une de ses petites filles.

Le moment des embrassades et des félicitations était venu. Celui des excellents petits fours et de « l’arrosage » a suivi.

Des amis du lcl FERRADOU ont tenu à être présents, dont les colonels MOOTZ (délégué DPLV/LS, Aude), BANON, DEFRASNES, RUSQUE.

Roger FIORIO, président de la section DPLV/LS et tous les membres de la section adressent leurs félicitations à leur camarade Gabriel FERRADOU.

Son représentant, Michel BAIN (secrétaire général et porte-drapeau occasionnel) a été très impressionné par la ferveur patriotique de cette cérémonie et par la cohésion familiale autour du décoré, cohésion à laquelle son épouse n’est sûrement pas étrangère.

 

7- LES « EXTRA » DE LA SECTION

 

Repas d’amitié par secteur : 11 septembre 2007/ MONTPELLIER

DPLV, repas Clos de l'Hirondelle, NB, 11, 09, 07

 

 

Au cours de la réunion du conseil d’administration du mois de mai, notre président a décidé de redonner vie aux repas par secteur comme du temps de notre regretté colonel/président FOUCHER.

Nous avons donc divisé le département de l’Hérault en 5 secteurs : Lunel, Montpellier, Sète, Béziers, Hauts Cantons. Celui de Montpellier regroupe une soixantaine d’adhérents, ceux de Sète et de Béziers, une petite trentaine, ceux, plus modestes, de Lunel et des Hauts Cantons, une dizaine chacun.

Nous étions donc 17 (dont quatre membres du conseil d’administration) à déjeuner sur la terrasse du Clos de l’Hirondelle, à l’ombre (ou presque !) dont six dames (de cœur, bien entendu...) et le général PERRY. La qualité des repas fournis par le traiteur CABIRON est connue des habitués. L’ambiance fut excellente et joyeuse, les échanges libres et sans contrainte protocolaires.

Bien des dames souhaitent que les activités conviviales soient plus fréquentes et ont des idées de sorties. Peut-être l’une d’entre elles, membre associé, acceptera-t-elle d’entrer au conseil d’administration pour dynamiser notre côté festif.

Pour clore ce repas, notre président Roger FIORIO a laissé la parole à notre ambassadeur vice-président, Paul BLANC, qui, en quelques mots (hé oui ! il peut le faire...) nous a fait part de l’agrément qu’il avait eu, comme nous tous, à partager ce repas et nous a souhaité bonne route.

Certains trouveront que 17, c’est peu. Bien de nos camarades ne peuvent se déplacer et se sont excusés mais nous les avons eu presque tous au téléphone,  occasion d’échanger un peu brièvement parfois, mais avec chaleur.

Merci donc aux participants non découragés par un accès difficile au restaurant en raison de la création de lotissements et de travaux de voierie.

 

Sortie touristique au prieuré St Michel de GRANDMONT (4 octobre 2007) :

 

Gramdmont, DPLV, NB1, 04, 10, 07Nous étions une trentaine pour cette sympathique sortie touristique et culturelle à cette modeste abbaye joliment située sur les hauteurs gréseuses dominant les vallées de la Lergue et de l’Hérault, gîte d’étape sur le chemin de St Jacques de Compostelle.

Sur ce site,  existait déjà un temple dédié à Jupiter.

Les bâtiments, remaniés au 19ème siècle, ne laissent rien deviner de la beauté du petit cloître ou de la salle capitulaire.

La visite s’est poursuivie à travers le parc de 35h où vivent daims, chevrettes des Pyrénées, cerfs, jusqu’aux vestiges néolithiques dont un magnifique dolmen bâti sur des résurgences d’eau aux propriétés thérapeutiques.

Devisant paisiblement, nous nous sommes retrouvés sous les voûtes de restaurant, mis en appétit par la promenade. Le canard farci aux cèpes et la tarte ont été particulièrement appréciés.

Merci aux organisateurs, à la gracieuse et très compétente demoiselle/guide...et aussi à tous les participants venus plein de bonne humeur et de gentillesse.                                       CR Michel Bain

 

 

 

 
 


PPLV, Grandmont, NB3, 04, 10, 07DPLV, Grandmont, NB4, 04, 10, 07DPLV, Grandmont, NB2, 04, 10, 07

 

 

 

 

 

 

8- LA PAROLE AUX MEMBRES

 

C’est bien volontiers que nous vous communiquons ce que nos adhérents nous écrivent ou nous téléphonent...

 

 

POUR RIRE

 

d’un camarade TDM

 

Cher frère blanc,

 

Quand je suis né, j’étais noir

Quand j’ai grandi, j’étais noir

Quand je suis au soleil, je suis noir

Quand j’ai froid, je suis noir

Quand j’ai peur, je suis noir

Quand je mourrai, je serai toujours noir !

 

 

 

Tandis que toi, homme blanc,

 

Quand tu es né, tu étais rose

Quand tu as grandi, tu étais blanc

Quand tu vas au soleil, tu es rouge

Quand tu as froid, tu es bleu

Quand tu as peur, tu es vert

Quand tu es malade, tu es jaune

Quand tu mourras, tu seras gris !

 

Et tu as le toupet de m’appeler

« homme de couleur » !

 

Salut, frère !

 

Et, au nom de Dieu, vive la Coloniale !

 

 

 

Au sujet d'articles parus dans les bulletins précédents

 

Repentance (bul1etin de mai 2007)

Il faudra que l'on nous explique pourquoi huit siècles d'occupation musulmane en Espagne sont toujours présentés comme une source sans pareille de bienfaits civilisateurs et d'échanges culturels enrichissants tandis que l'on devrait éradiquer jusqu'au souvenir même de 1'abominable présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord.

« Je n'ai jamais entendu un musulman présenter des excuses pour avoir occupé l'Espagne pendant huit siècles» s'est exclamé José Maria Aznar, ancien chef du gouvernement espagnol qui, en conférence à l'institut Hudson de Washington, s'est interrogé sur « la raison pour laquelle nous devons toujours demander pardon et eux jamais ».

On se demande aussi pourquoi, après avoir chassé de leurs territoires violés les colons exploiteurs, représentants d'une métropole honnie et dont ils ne cessent de dénoncer les exactions, les habitants de ces pays soi-disant martyrs tiennent à émigrer aussi massivement ou à venir se faire soigner chez nous comme le président Abdelaziz Bouteflika. De même, pourquoi exige-t-on repentance pour la seule traite négrière des comptoirs nantais, alors que celle des potentats africains du 15ème siècle n'est jamais fustigée?      (Relevé dans « courrier des lecteurs» d'un grand quotidien)

Indigènes (au sujet du film, et pour compléter vos renseignements du bulletin de décembre 2006)

- Indigènes Algériens -Population: 6.274.000 ­Appelés (1942-1943) 130.000 soit 2,136% - Indigènes Tunisiens - Population : 2395.000 ­Engagés volontaires: 20.000 soit 1,089% - Indigènes Marocains - Population: 6.060.000 Engagés volontaires : 73.000 soit 1,205% - Européens d'Algérie, de Tunisie, du Maroc - Population de 1.125.000­ Appelés: 180.000 soit 16%.

A ce chiffre d'hommes mobilisés, il convient d'ajouter celui des jeunes femmes d'AFN qui se sont portées volontaires pour prendre une place dans les combats. Elles furent 4.000.


9- ETRE UN HOMME                                   Rudyard Kipling

 

 

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,

Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties sans un geste et sans un soupir,

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,

Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,

Pourtant lutter et te défendre,

 

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles travesties par des gueux pour exciter des sots

Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles sans mentir toi même d'un mot

Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu peux rester peuple en conseillant les rois si tu peux aimer tous les amis en frères

Sans qu'aucun d'eux ne soit pour toi,

 

Si tu sais méditer, observer et connaître

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur, rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître, Penser sans n'être qu'un penseur,

Si tu peux être dur sans jamais être en rage, si tu peux être brave et jamais imprudent,

Si tu peux être bon, si tu peux être sage sans être moral ni pédant.

 

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite et recevoir ces deux menteurs d'un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête quand tous les autres les perdront,

Alors les rois, les dieux, la chance et la victoire seront à tout jamais tes esclaves soumis

Et, ce qui vaut mieux que les rois et la gloire, TU SERAS UN HOMME MON FILS.

 

 

10- CEREMONIES PATRIOTIQUES

 

Par la présence de son drapeau, de son président accompagné de quelques DPLV, notre Section est toujours là dans les manifestations officielles du monde combattant et dans les cérémonies patriotiques organisées dans le département, en particulier à Montpellier. Citons, pour ne retenir que les plus importantes :

-       le 14 juillet à Montpellier, la prise d’armes au cours de laquelle notre trésorier JP LOPEZ a été fait officier de l’ONM.

-       le 25 sept à Montpellier et Béziers, pour l’hommage national aux harkis et supplétifs d’Algérie.

-       le 11 novembre, dans ces deux villes, en hommage aux « Poilus » de 1914/1918, hommage auquel quelques scolaires ont été associés.

-       le 5 décembre, cérémonie du souvenir des morts, civils et militaires, pendant la guerre d’Algérie et au cours des combats en Tunisie et au Maroc.

 

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Montpellier/Journée du souvenir- Harkis et supplétifs d’Algérie (25 sept.-07).

 

Hommage Harkis MPL, NB, 15

 

Nombre de villes et communes ont rendu hommage aux harkis et supplétifs lors de la journée nationale du 25 sept.-07 aux monuments aux Morts.

A Montpellier, cet hommage est rendu à l’intérieur de l’enceinte militaire de l’Ecole de l’Infanterie. Le dépôt de gerbes a lieu au pied d’une stèle proche du monument aux Morts de MOSTAGANEM.

De nombreux drapeaux étaient présents. Toutes les autorités du département de l’Hérault et de la région Languedoc-Roussillon étaient  là, à l’exception de Mr FRECHE, président du conseil régional et de « l’agglo de Montpellier ».

Très peu de harkis...

Une porte-parole d’une association de harkis/supplétifs, Mme NACERI, a de nouveau affirmé la fidélité des harkis à la France et la nécessité de justes réparations pour les préjudices subis.

Mr SCHOTT, préfet de région et de l’Hérault, a donné lecture du message de Mr  MARLEIX, secrétaire d’état aux AC, rendant hommage aux milliers de harkis morts au combat. Il n’a pas parlé des dizaines de milliers de harkis massacrés par le FLN après les accords d’Evian.

Il serait sain que cet hommage soit rendu au monument aux Morts de toutes les guerres de Montpellier et non discrètement dans une enceinte militaire.

 

Hommage Harkis MPL, NB, 17Hommage Harkis MPL, NB, 16

CR Michel Bain

 

 

11 novembre Montpellier : le gal CHARPENTIER a marqué son empreinte par la fort belle marche où l’on pouvait reconnaître le son des cornemuses, jouée pendant sa revue des troupes. La gendarmerie a défilé en tête avec son drapeau rappelant ainsi l’importance qu’elle prend de nos jours.

             Le président34 de l’UFAC, dans son allocution lue par un enfant, n’a pas manqué de rappeler le douloureux échec de l’offensive Nivelle juste 90 ans après, et la volonté de son association de solutionner pacifiquement les conflits ; et cela s’est terminé par « vive la paix ! ». Le message de Mr MARLEIX, après un hommage bien senti aux poilus,  a été un plaidoyer pour l’Europe. Une quinzaine d’enfants des écoles ont récité deux poèmes de Victor Hugo et Rimbaud. Je n’en ai retenu que « Gloire à ceux qui sont morts, aux forts, aux vaillants... »

            Chaque année les gerbes sont plus belles et plus nombreuses, inflation due à l’empilement des strates administratives et aux présidents d’associations diverses en mal d’existence.

            Comme chaque année encore, dépôt de gerbes aux deux monuments aux Morts : le monument aux Morts de toutes les guerres ne suffit-il pas ? Certains sont-ils plus morts en bons français que d’autres ? Une exception française de plus...

            Au cours du lunch en préfecture, « sous les ors de la république », Mr le préfet SCHOTT a fait état de son origine alsacienne pour remercier nos anciens d’avoir rendu l’Alsace et la Moselle à la France ; puis il a donné des interprétations possibles de 14/18 avant, lui aussi, de plaider avec conviction pour l’Europe, ce sur quoi tout le monde est à peu près d’accord. Reste à savoir : quelle Europe ?

Etaient présents : R Fiorio, président et M Bain, porte-drapeau.

CR Michel Bain

 

Commémoration des combats d’AFN / 5 décembre / Montpellier :

18h00 ; la nuit est tombée ; les porte-drapeaux (une vingtaine) commencent à se regrouper près de l’ancien mess de garnison, sur les allées Charles de Gaulle. Certains en sont à leur 4ème cérémonie de la journée. En attendant les autorités, le moment est propice pour évoquer des souvenirs de guerre, donner son point de vue sur l’actualité, saluer les copains et plaisanter sur l’état de santé des uns et des autres (la moyenne d’âge des porte-drapeaux dépasse allègrement les 70 ans !).

18h30 : le cortège s’ébranle, drapeaux en rangs par 4, passant devant l’ancienne bibliothèque militaire, devenue  maison de l’énergie de l’agglo, dont l’inauguration a lieu à la même heure : là, c’est déjà l’heure des discours sur le parvis devant les tables préparées pour le vin d’honneur.

Au monument aux Morts de toutes les guerres, Mr SCHOTT, préfet de Région, donne lecture du message Mr MARLEIX, secrétaire d’état aux AC, message qui rend hommage aux soldats morts au combat, aux harkis et supplétifs, aux disparus, aux pieds-noirs contraints au retour en métropole ; dépôt de gerbes, minute de silence et Marseillaise suivent.

Toutes les autorités civiles et militaires étaient présentes à l’exception de Mrs FRECHE et VEZINET (représenté).

Quelques civils étaient là, dont un couple retraité de pieds-noirs récemment installé à Montpellier. Pas de représentant des harkis ou supplétifs. Le drapeau de la SEMLH était absent.

Le préfet SCHOTT regarde les porte-drapeaux droit dans les yeux, chose rare.

            CR Michel Bain

 

11- ADIEUX A NOS DISPARUS

 

Gustave LE GUEN - « Vieux Soldat », il a participé à toutes les guerres que sa génération, en France, a pu connaître: 1940, la Résistance, la libération, l'Indochine, l'Algérie. Chevalier de la Légion d'honneur, Médaillé Militaire, Croix de Guerre (39-45 et Valeur Militaire) -cité -blessé. Lors de la cérémonie religieuse, le 5 août, c'est notre camarade DPLV, Robert VASSALLO qui a fait l'éloge funèbre et Sylviane BOUTREIN qui portait le drapeau de la Section.

 

Benjamin MARTIN - Disparu, lui aussi, au cours de ce dernier semestre. Avant d'intégrer l'éducation nationale (1963-1964) il avait effectué une « carrière courte» marquée surtout par les campagnes de France, de la libération et d'Allemagne au cours desquelles il avait été blessé, cité à deux reprises et nommé chevalier de la Légion d'honneur. A 92 ans, il talonnait nos deux doyens.

 

CR Lucien Moreau

Roger LALEVEE 

 

NumériserRoger LALEVEE (C/LH, C/ONM, cité, 2 blessures, 65%): les obsèques de notre camarade ont eu lieu en l’église de POUSSAN le 26 octobre 2007.

Né en 1933, Roger, fils de gendarme, a servi 15 ans dans l’Arme du Train et 13 dans la Gendarmerie. Breveté parachutiste, spécialiste de la Livraison par Air, il a participé à l’opération de Suez et servi en Algérie à la BOMAP/Blida puis au sein de l’ALAT comme observateur aérien. Il est gravement blessé à la suite d’un accident aérien dans l’Ouarsenis.

En 1970, Roger LALEVEE poursuit sa carrière dans la Gendarmerie, presque toujours comme commandant de Groupement Mobile. Il est à nouveau gravement blessé en service commandé en Nouvelle Calédonie et prend une retraite anticipée en 1983.

...Roger a été durant plusieurs années un trésorier rigoureux des DRLV au côté de notre président Hubert FOUCHER. Au sein de notre section, c’était un camarade chaleureux à la personnalité affirmée.  Nous l’aimions bien et nous le regretterons.

Nous pensons à son épouse qui est dans la peine.

Etaient présents aux obsèques : le président Roger FIORIO, le conseil d’administration quasiment au complet, plusieurs camarades, le drapeau porté par Sylviane BOUTRIN.

CR Michel Bain

 

12-  INAUGURATION DU MUR DES DISPARUS D’ALGERIE à Perpignan/25 nov-07 :

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45 ans après les faits, les familles ont enfin un lieu pour honorer leurs disparus.

Leur reconnaissance va essentiellement au Cercle algérianiste perpignanais, à l’origine du projet.

2616 noms « homologués » seulement, presque tous pieds noirs et soldats français (400) ; rares sont ceux de français musulmans (harkis ou supplétifs) pour lesquels, malheureusement, des témoignages n’ont pu être établis.

Cette inauguration a rassemblé plusieurs milliers de proches des victimes dans le recueillement : pas de drapeau d’associations, pas d’anciens combattants « en tenue »...

Une allocution émouvante de Mme SIMON-NICAISE, présidente du CAP, évoquant très concrètement et simplement quelques disparitions et les difficiles conditions du retour des français d’Algérie en métropole ; la lettre d’un fils à son père disparu ; les discours des autorités, dont celui du secrétaire d’état aux ACVG, Mr MARLEIX ; découverte des plaques ; dépôt de gerbes ; minute de silence ; « Marseillaise », « Les africains » par la musique de la Légion étrangère dont le refrain a été chanté par la foule.

En prévision de l’importance de celle-ci, un écran géant avait été installé près de l’ancienne caserne du 24ème RIMA. Cependant, nombreux étaient ceux qui n’ont pu prendre place dans le périmètre des barrières. Aux abords, des passants, d’origine maghrébine, souvent jeunes, habitants du centre historique de Perpignan.

...Beaucoup souhaitent une réconciliation avec l’Algérie. Est-elle possible sans une mise au jour des atrocités commises de part et d’autre et un pardon collectif à la manière sud-africaine ? La posture algérienne et les positions divergentes françaises permettent d’en douter.

...Merci à Mme Simon-Nicaise d’avoir dit que ces disparus étaient des français, de cette communauté nationale à laquelle nous appartenons. Rappelons qu’un des premiers devoirs d’un état est de défendre ses ressortissants.

CR Michel Bain