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Chef de Bataillon Robert Raillard

ÉLOGE  DU  CHEF  DE  BATAILLON  ROBERT  RAILLARD,
Membre de notre section LH/DPLV/Languedoc sud
Prononcé par le Général 2S Georges Chavanier au nom de l'ANOCR
En l'église Saint Vincent à Castelnau-le-Lez le 2 mars 2011
Robert Raillard
Robert  RAILLARD est né le 27 août 1919 à BOUFARIK en Algérie où il passe son enfance et y fait ses études.
En 1937, il rentre à l'école normale pour 3 ans. La déclaration de guerre du 3 août 1939 interrompt son cycle d'étude et ne lui permet pas de faire la 3ème année.
Mobilisé, il rejoint le 15 avril 1939 le 4ème Régiment de tirailleurs tunisiens (RTT) à Kairouan en Tunisie.
Le 20 mai 1940, il est détaché une première fois à l'École de Cherchell, école d'officiers de réserve.
En juin 1940, la France demandant l'armistice, les cours de l'école sont arrêtés quelques mois plus tard,  et c'est ainsi qu'il retourne le 15 septembre 1940 au 4ème RTT à Sbeïtla où il est nommé caporal-chef deux jours après. Pendant 2 ans le régiment est chargé de la police dans le sud tunisien.
Le 8 novembre 1942, les Américains et les Anglais débarquent en Afrique du Nord et les hostilités reprennent.
Il est nommé sergent le 1er janvier 1943. Le régiment rejoint la région de Tébessa en février de cette même année.
Il est admis pour la seconde fois le 23 mai 1943 à l'École militaire de Cherchell d'où il sortira, en octobre 1943, aspirant de réserve et sera affecté au 3ème Régiment de zouaves à Sétif.
C'est là que va se produire un changement radical dans l'orientation de sa carrière.
Un poste lui a été offert dans une unité parachutiste, qu'il a accepté sans hésitation.
Ainsi, le 7 février 1944, il rejoint Philippeville au camp Jeanne D'Arc, le « French Squadron » du second SAS (Spécial Air Service). Se familiarisant avec la vie des unités parachutistes il rejoint la Grande-Bretagne en mars 1944 et se trouve cantonné en Ecosse à Monkton.
C'est ainsi, que suivant un entraînement intensif, il est breveté parachutiste le 18 avril 1944.
Au cours de cette période il sera, entre autre, parachuté 2 fois :
-une première fois le 25 juillet 44 dans la région d'Etampes où il obtient la « croix de guerre avec palme » avec la citation suivante :
« Volontaire pour une mission très dangereuse pendant la campagne de France. Parachuté le 25 juillet 44 dans la région d'Etampes a fait preuve de décision et de courage lors d'une mission particulièrement délicate. A, avec son stick, attaqué la kommandantur de Mantes et a recueilli de nombreux renseignements.
Traqué par les Allemands, a réussi à ramener son personnel au complet dans les lignes amies après avoir mené l'attaque de 3 convois ennemis »
-un deuxième parachutage en Hollande, le 7 avril 45,  lui vaudra également une deuxième citation à l'ordre de l'armée aérienne.
En septembre 1945, il rejoint le 3ème RCP à Nantes puis à Tarbes. Il a été nommé auparavant sous-lieutenant d'active le 25 septembre 44.
En avril 1946, il fait mouvement vers l'AFN où il sera promu lieutenant.
Le 10 octobre 46 il sera renvoyé dans ses foyers et s'installe à Bône.
A cette époque, il se marie et de cette union naîtront 3 enfants.
Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le 10 décembre 1947.
En avril 1952 il est promu capitaine.
En octobre 1955, il est rappelé à l'activité pour le maintien de l'ordre et rejoint le 19ème RTA (qui devient le 55ème BTA) à Constantine.
Après avoir été rayé des contrôles, puis rappelé sur sa demande, il est affecté au 25ème escadron de train à Constantine.
Pendant cette période, il servira plusieurs fois dans des SAS à Ouled Sultan, Belle Fontaine, Alma, où là encore, il accomplit un remarquable travail qui lui vaudra la « Valeur militaire avec une citation à l'ordre de la brigade », je cite :
« Officier des affaires algériennes calme et résolu qui, le 1er octobre, a reçu la délicate mission  d'implanter une section administrative spécialisée au cœur même des Ouled Sultan, secteur suburbain particulièrement dangereux de Blida et devenu le refuge de nombreuses cellules rebelles qui terrorisaient les 15000 habitants du quartier.
Au prix d'une action tenace, intelligente et courageuse, a réussi à remettre en confiance la population et, par les renseignements qu'il obtenait d'elle, a largement contribué à la destruction de l'organisation adverse.
Doit être considéré comme l'un des principaux artisans de la pacification de l'agglomération de Blida.
Commande actuellement la Section Administrative Spécialisée de Bellefontaine, où il continue de donner toute la mesure de ses brillantes qualités d'organisateur et de chef. »
Le 1° juillet 1962, il est promu chef de bataillon.
Quittant l'AFN, il rejoint la métropole à Castelnau-le-Lez où il sera rayé des contrôles le 1er mars 1963.
Le chef de bataillon Robert RAILLARD a fait une carrière exemplaire dans l'armée où il a su montrer ses qualités de chef, d'engagement, de dynamisme, avec un grand sens des responsabilités.
Nommé officier de la Légion d'honneur en 1965, il est titulaire des décorations suivantes :
-croix de guerre 39-45 avec 2 palmes
-valeur militaire avec 1 citation
-médaille coloniale agrafe de Tunisie
-médaille commémorative 39-45
-médaille commémorative AFN (Algérie)
-mérite militaire
-croix du combattant volontaire d'AFN
-médaille de bronze hollandaise.
Chef de bataillon Robert Raillard, au moment de votre départ, vos frères d'arme vous saluent une dernière fois.
Madame, au nom de tous les camarades militaires, nous vous présentons, ainsi qu'à vos enfants, nos très sincères condoléances.
Notre section était représentée aux obsèques avec son drapeau et la plaque mortuaire a été remise à la famille.

Ingénieur Général (2S) « Pierre » Eugène BRUNEAU

18/03/2011 – OBSEQUES de l'Ingénieur Général (2S) « Pierre » Eugène BRUNEAU
Eloge prononcé par le Commissaire Général de division (2S) Véran CAMBON de la VALETTE

Ingénieur Général (2S) « Pierre » Eugène BRUNEAU

Général Bruneau, mon cher Camarade de misère, mon cher ami,
C'est au nom de tous tes camarades de notre Armée, et de tes amis qui me l'ont demandé, que je te salue une dernière fois avant que tu nous sois enlevé, à nous comme à ta famille.
Il y a 22 ans, en 1988, arrivant de Baden où tu étais affecté à la Direction du Service des Essences, pour poser le sac en un lieu de ton choix, ta personnalité t'a attiré l'affection de tous. L'extraordinaire destinée, qui avait été la tienne, peu à peu connue, a fait de toi un être plus cher encore.
Quand tu es né, en février 1930, dans le Nord de cette Indochine Française prospère, d'un père Breton et d'une mère Vietnamienne, descendante d'un chef de ces solides guerriers Pavillons Noirs qui s'étaient illustrés contre notre Amiral Courbet, rien ne présageait pour toi une jeunesse tragique. Tes premières années ont été bercées dans des contrées de rêve, en suivant ton père, ingénieur qui explorait des mines : Malaisie, Siam, Philippines, Java, Sumatra... Après un retour à Phnom Penh, en 1936, les événements vont se précipiter. Dès la deuxième guerre mondiale, ton père, officier du Génie mobilisé, est tué sur le front de la Ligne Maginot en pleine défaite de 1940. Tu as 10 ans, séparé pour longtemps de la Métropole, orphelin Pupille de la Nation, tu es admis à 13 ans à l'Ecole d'Enfants de Troupe de Dalat. Ce genre d'école a toujours préparé pour notre armée de futurs officiers remarquablement formés au physique et au moral. Tu en administreras la preuve. Avec un certain humour, tu as écrit à propos de cette Ecole, qu'on y recevait des enfants trop jaunes pour être admis dans des écoles françaises, trop blancs pour fréquenter des écoles autochtones ! Je dirais, moi, qu'on y formait tout simplement, des Français courageux et patriotes. Tu l'as démontré, par deux fois au moins, au péril de ta vie.
La première fois fut la plus tragique. Encore enfant, tu venais à peine d'avoir 15 ans, l'Ecole de Dalat, transférée au Cambodge, à Kompong Chnang, a subi le 9 mars 1945 les coups de force des occupants Japonais alliés d'Hitler. L'école est investie de nuit, inopinément. Un combat sans espoir s'engage. Le commandement ordonne un cessez le feu et le sabotage des armes pour éviter un double massacre, celui des enfants et celui des cadres surpris à leur domicile en ville et poussés devant les assaillants comme boucliers humains. Ces enfants, qui avaient tous la nationalité française, sont déclarés « prisonniers de guerre » par l'occupant. Mais hélas, les accords de La Haye n'étaient pas en usage chez tes gardiens. Comme dans les camps nazis, d'emblée dépossédés de tous les liens fragiles qui rattachaient encore ces orphelins à leur famille, objets personnels, cartes d'identité, photos, ils durent errer de camps en prisons, au Cambodge au Laos puis au Tonkin, marchant bientôt pieds nus, puis parfois entassés dans des camions ou des chaloupes pourries sur le Mékong, toujours sous la menace d'exécution, battus sévèrement à la moindre incartade, frappés à mort pour une tentative d'évasion, exténués par les marches sous le soleil tropical, par la dysenterie et le paludisme, ou enfermés dans des cages. Soumis à une alimentation pourrie, ils piégeaient les chats, les chiens, les rats, et attrapaient les sauterelles pour se nourrir. Pendant plusieurs jours ils furent même enchaînés sur des bat-flanc, dans les cellules d'un pénitencier. Au camp de Paksé, attaché à un arbre, tu as subi un simulacre d'exécution au sabre. Ce souvenir t'a toujours hanté.
Enfin libéré, le Japon vaincu (l'Allemagne l'était déjà depuis quatre mois) tu retrouves ta mère et reprends tes études. Mais une autre guerre avait commencé, cadeau posthume de tes bourreaux. Une deuxième fois, mais, volontaire ayant atteint les 18 ans requis, tu affrontes les dangers du combat, combat de la Liberté, pour sauver du totalitarisme le pays de ta naissance. Engagé au 23ème RIC, dans le secteur de Ban-Mé-Thuot, tu y es cité. Mais hélas, cette guerre fut perdue et, dans ses ruines, tu perdis tout ce qui te restait : ta mère, hélas disparue pour toujours dans la nuit de la dictature communiste, sans même avoir pu répondre à tes lettres et à tes colis.
Tu avais donc surmonté tant d'épreuves inouïes ! Que de ressources, chez un tel adolescent, dans cette dure époque ! Tu ne cesses alors de t'instruire : Baccalauréat Mathématiques, préparation à Saint-Cyr au Lycée Hoche, à Coëtquidan, Saint-Cyr promotion « Union Française » (1952-1954). Enfin Officier c'est le Maroc, dans la période troublée qui suit le retour du Roi Mohamed V. C'est, plus tard, l'Enseignement Militaire Supérieur Scientifique et Technique à Paris. Licencié en Chimie, Ingénieur de l'Ecole Nationale Supérieure du Pétrole et des Moteurs, tu intègres le corps des Ingénieurs Militaires du Service des Essences des Armées, sous l'uniforme bleu dans lequel tu reposes. Tout en servant à l'Administration Centrale, tu poursuis tes études à l'Institut de Contrôle de Gestion. Après avoir dirigé le Service des Essences pour l'Ouest de la France (C'est-à-dire les Régions de Bordeaux et de Rennes) tu deviens Inspecteur du Service, puis, Ingénieur Général, et tu es affecté aux FFA où tu quittes le service actif, en octobre 1988, et viens t'installer avec ta Famille à Castelnau-le-Lez.
Pour toi, la retraite, c'est encore le travail, sous une autre forme. Le travail bénévole pour enrichir le bagage des autres, particulièrement la Jeunesse. Ta propre science s'étant enrichie d'études d'Astrophysique à l'Université de Montpellier, tu en as fait profiter la jeunesse de Castelnau, à la « Maison André Malraux » où tu as enseigné tes matières favorites : la Gestion d'Entreprise et l'observation de l'univers astral. Elu à la Section des Sciences de l'Académie des Sciences et Lettres de Montpellier, avec la faveur de ton maître en Astrophysique, le Professeur Henri Andrillat qui vient de nous quitter, tu y as prononcé de remarquables conférences sur le pétrole, de ses origines à son avenir prévisible, et sur le coup de force des Japonais le 9 mars 1945.
Mais rien n'a pu te faire oublier l'épreuve de ta jeunesse. Et c'est en pensant au sort de tes camarades Prisonniers des Japonais, que tu as mené un dernier combat. Incroyable : ils avaient tous atteint l'âge de la retraite sans se voir reconnaître des droits à réparation, ils n'étaient même pas Prisonniers de Guerre et moins encore Déportés, leurs Camps n'étaient pas homologués. Grâce à toi qui harcelais Sénateurs, Députés et Ministres, ils sont enfin devenus, en 1993, Déportés Résistants. Je vois encore ton visage radieux en revenant de Paris, soulagé par ce devoir de mémoire accompli, et t'inscrivant à notre association de Déportés. Dans sa gratitude, l'ANAPI (qui réunit tous les prisonniers d'Indochine, ceux de l'Impérialisme Japonais et du totalitarisme Viet Minh) t'a fait Président National. Quant à moi, tu m'as fait l'honneur de me demander de te remettre ta cravate rouge, à la Mairie de Castelnau, car tu tenais à ce que ce soit «un Déporté Résistant ».
Pierre, tu as souffert beaucoup plus que ta part. Tu as scruté l'Univers jusqu'à ses limites humaines. Tu ne pouvais pas aller au-delà, sur cette terre. Que le grand mystère de cet Au Delà, que nous appelons Dieu, te rende au centuple le dur effort de toute une vie de labeur, de courage et d'ouverture aux autres. Ton âme d'enfant a été blessée. Tu l'as guérie, toute ta vie durant, par le travail et l'amour des autres, de ta Famille, et de tes amis ici réunis. Aujourd'hui, tu connais le chemin du ressuscité du troisième jour. Nous te disons : À Dieu !
Je voudrais dire à Annick, aujourd'hui dans la peine, toute la reconnaissance des amis, des camarades de combat, des confrères, qui ont connu et aimé Pierre Eugène. Toute l'amitié de leurs épouses aussi. Tous et toutes peuvent comprendre sa douleur, lui rendre cette amitié, et la remercier pour le soutien qu'elle a été pour lui dans les bons et les mauvais jours. Annick, vous avez mené ensemble le combat humain, comme lorsque vous avez donné votre temps, naguère, à la chaîne de soins continus nécessaire pour sauver la vie d'une enfant de Castelnau.
Je voudrais dire à vos enfants et petits-enfants qu'ils peuvent être fiers de ce grand-père qu'ils ont la chance de pouvoir garder comme modèle dans leur mémoire, en ce moment où le monde voit renaître les démons qu'il a combattus, si jeune encore, et où les descendants de ses geôliers ont, dans une autre horreur, besoin, à leur tour, de la compassion du monde entier. Il aura été au premier rang des défenseurs de la liberté et de la paix du monde.

Ont assisté aux obsèques : notre président de section, Roger FIORIO (lcl,H) accompagné du général Patrick PACAUD, de Francis TURELIER (plus de 5 prisonniers du Vietminh), de Jacques BOUTHIER (ancien d'Indochine, veuf d'une française d'origine vietnamienne), de Michel BAIN (porte-drapeau).
La plaque funéraire de notre association a été remise à la famille.

Eloge de Gilbert Strub

HOMMAGE A NOTRE CAMARADE Gilbert STRUB, décédé le 3 juin 2011 à BOUJAN SUR LIBRON
Gilbert_STRUB

Notre ancien était né en 1916.
Discret, il ne faisait pas étalage de son passé de combattant.
Sa famille disposait de très peu de documents militaires le concernant.
Mobilisé en 1939,  le 2ème classe Gilbert STRUB rejoint la 27ème Division  où il est affecté au 27ème Bataillon de chasseurs alpins comme brancardier.
Le 10 juillet 1940, il est cité à l'ordre de la Division :

« Brancardier d'élite, d'un courage et d'un dévouement à toute épreuve, toujours volontaire, quelles que soient les circonstances. En particulier, le 7 juin, est allé avec ses camarades, relever un officier aviateur français tombé blessé devant les lignes allemandes à la Panetière, l'a ramené dans nos lignes.
S'est confirmé égal à lui-même dans tous les combats. »
Fait prisonnier, il s'évade et rejoint l'Afrique du Nord.
Remobilisé en 1943, toujours 2ème classe, au sein de la 3ème Division d'Infanterie Algérienne du général de MONSABERT,

Gilbert participe à la campagne d'Italie ; il est à nouveau cité à l'ordre de la Brigade en 1944, au cours de la bataille du GARIGLIANO :

« Conducteur de voiture de dépannage du peloton, magnifique de courage et de sang-froid.

Le 15 mai, a aidé son chef de voiture à dépanner un véhicule au carrefour d'AUSONIA sous un violent feu d'artillerie.

Le 19 mai, à MONTICELLI, pris sous un très violent tir d'artillerie de gros calibre et son chef de voiture ayant été tué, et quoiqu'étant lui-même assez grièvement blessé, s'est porté volontaire pour transporter avec son véhicule plusieurs autres blessés jusqu'au poste régimentaire. Ne s'est laissé évacuer qu'après avoir rempli cette mission. »

Risquer modestement sa vie pour sauver celle de ses camarades de combat, quoi de plus beau ?
Notre camarade était chevalier de la Légion d'Honneur, Médaillé militaire, titulaire de 2 citations, de la médaille des évadés, une blessure.
3 drapeaux étaient présents à ses obsèques le 6 juin en l'église de son village, ceux de LH/DPLV/LS porté par Sylviane BOUTRIN, des MM et de la FNACA.
Notre vice-président de section, délégué pour le biterrois, le colonel Lucien MOREAU également présent, a remis notre plaque mortuaire à la famille du défunt.
Notre section s'honore d'avoir compté parmi ses membres Gilbert STRUB

A DIEU

Rappel de la carrière de Stéphane FRACHET

Rappel de la carrière de Stéphane FRACHET, décédé le 2 mars 2012,
Officier de la Légion d'honneur, Médaillé militaire, 11 citations dont 2 palmes
(Ce document en version PDF)
LT_Stephane_FRACHET
Compte-rendu des obsèques de Stéphane FRACHET, 7 mars 2012, Lunel

Notre ancien est né à MONTCET dans l'Ain en 1925, d'un père ancien combattant de la Grande guerre.
Jusqu'à 11 ans, il vit en compagnie de sa soeur dans la ferme de sa grand-mère maternelle puis sa mère les prend tous deux avec elle à Aiguebelette en Savoie où elle partage les activités de son compagnon qui tient un hôtel restaurant.
Stéphane suit brièvement une formation d'apprenti pâtissier et quitte le domicile familial à 16 ans, ambitionnant de s'engager dans l'Armée d'Armistice. Malgré son jeune âge, il est finalement pris en charge par le 11ème régiment Cuirassier en septembre 1941 et se retrouve quelques jours après en Afrique du Nord, affecté en novembre 1941 au 1er régiment de Chasseurs d'Afrique à Hussein Dey, où sa  connaissance des chevaux est appréciée.
Le jeune FRACHET rejoint le 8ème Régiment de Chasseurs d'Afrique à Dakar en mai 1942, régiment qui débarque à ORAN fin avril 1943. Il a signé son contrat « pour la durée de la guerre » le 28 mai 1942.
Nouveaux équipements américains (tank-destroyers), formation, entraînement, et c'est l'embarquement pour l'Italie et Naples (1er janvier 1944).
« Steff » participe aux combats du Garigliano comme chargeur d'un tank-destroyer : 11 jours de combat intensif avec le 4ème Escadron du 8ème RCA (lieutenant-colonel Simon), qui poursuit jusqu'à Rome et Sienne (3 juillet 1944).
La campagne d'Italie est pratiquement terminée.

« Steff » a obtenu la croix de guerre 39/45 avec étoile de bronze.

Le 8ème RCA, replié sur Naples, débarque en France le 16 août à la Croix Valmert.
Le 4ème Escadron participe aux combats de Hyères, Toulon, Marseille et à la « promenade militaire » dans le Languedoc destinée à affirmer le pouvoir du Gouvernement provisoire de la république.
Puis c'est la remontée de la vallée du Rhône, la dure campagne d'Alsace, le passage du Rhin le 3 avril 1945 à Ludwishafen/Manheim, les combats en Forêt noire où la guerre prend fin le 7 mai.

Frachet est à nouveau cité deux fois à l'ordre du régiment.

Il est promu brigadier le 1er octobre 1945 et démobilisé le 2 avril 1946 et rengage 6 mois après au 4ème Régiment Colonial de Chars du colonel Gilles où il est nommé sergent le 1er août 1947.

Sur sa demande, il est affecté à la Demi-brigade de Parachutistes Coloniaux (colonel Massu) à St Brieuc en novembre 1947.

Affecté au 3ème Bataillon Colonial de Commandos Parachutistes (commandant Grall), le sergent Frachet rejoint l'Indochine début juin 1948. Avec son bataillon, il participe à de nombreuses opérations, en particulier au dégagement, après parachutage, du poste de Nghia-Lo (février 1950).

Au cours de ce séjour, il est décoré la Croix de Guerre TOE avec étoile d'argent.
« Steff » reste en Indochine sans emploi quelques mois puis accepte de servir sous contrat comme inspecteur de police en Cochinchine, à la brigade mobile fluviale de sécurité, puis comme Inspecteur chef à la 1ère compagnie légère Hoa-Hao, à la tête du commando opérationnel du service de sécurité de Canhô.
Il est promu sergent-chef le 1er janvier 1953.

Rapatrié en février 1955, Frachet a rajouté 2 étoiles de vermeil et une de bronze sur sa croix de guerre TOE et obtenu la Croix de la Vaillance vietnamienne avec étoile d'argent.

En septembre 1955, il rengage en Algérie dans les Troupes mobiles de police rurale où il est chef d'un commando local sur la commune de St Pierre ST Paul, puis en Kabylie à Azazga et enfin à Maginot (1957), adjoint au capitaine commandant la SAS où il est le principal artisan du ralliement d'un chef rebelle (Si Chérif) et de sa bande (160 hommes).
« Steff » est promu adjudant le 1er janvier 1956.
En 1958, l'adjudant FRACHET est chef de commando à Arthur puis, promu sous-lieutenant (1er juin 1958), chef de la SAS de LOUHOU.
Début 1960, il est affecté au 2ème bureau du 4ème Régiment d'Infanterie de Marine à St Charles puis à Philippeville comme chef de Centre de Recherche et d'Action.

Au cours de son séjour en Algérie, notre ancien a obtenu la Croix de la Valeur Militaire avec deux palmes et une étoile de bronze et a été promu chevalier dans l'Ordre de la Légion d'Honneur.

Rapatrié en métropole en septembre 1962 au Groupement d'Instruction des Troupes de Marine, Stéphane FRACHET quitte le service actif en 1964.

Voici l'appréciation de son capitaine chef de SAS le proposant pour la Légion d'Honneur :

«Sous-officier d'un dynamisme extraordinaire. C'est une «force de la nature », animé d'une volonté d'action peu commune. Chevalier sans peur, il est allé au devant de missions qui exigeaient de lui : foi, audace, persévérance et force de persuasion. Chevalier sans reproche, il ne saurait à mon sens en mériter qu'un seul : celui d'être parfois trop en avance dans l'exécution de plans qui mériteraient de la pondération. Mais, pour autant qu'un excès de dynamisme puisse être reprochable à certains, lorsqu'il émane d'un homme de sa trempe, il ne peut être que louable pourvu qu'un guide éclairé et sûr sache le nuancer.

Animateur, meneur de jeu, entraîneur d'hommes, draineur de foules, j'ai connu l'Adjudant FRACHET Stéphane comme tel sous mes ordres, à la S.A.S. de Maginot de mai à septembre 1957 inclus, et il lui revient pleinement d'avoir su cristalliser la gestation difficile du ralliement de l'ex-chef rebelle F.L.N. «SI CHERIF», avec sa bande forte alors de 160 hommes armés.
Ce fleuron s'ajoutant à ses nombreuses citations antérieures lui font mériter amplement la Croix de la Légion d'Honneur accompagnée de la Valeur Militaire avec Palme.
Tablat, le 20 novembre 1957
Capitaine CUNIBILE »
Notre section Languedoc sud est fière d'avoir compté parmi ses membres ce brillant guerrier à la carrière atypique qui a servi sur des théâtres d'opérations pratiquement sans interruption de 1944 à 1962.

A Dieu,  Stef

Obsèques de Marcel RIVIERE

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 UN VRAI ET « VIEUX » SOLDAT NOUS QUITTE

C’est avec beaucoup d’émotion que notre Section DPLV du Languedoc Sud vient d’accompagner dans sa dernière demeure notre « vieil » ami Marcel RIVIERE. Au moins, du haut du Ciel dont il nous regarde désormais, il a pu se rendre compte de la trace indélébile qu’il a laissée parmi nous.
D’abord, comme il a fait sa carrière militaire dans la « Colo », une importante délégation de l’Amicale des TDM, conduite par le Colonel(E.R) Vincent RABOT, était présente aux obsèques; il faut y ajouter les présidents délégations et drapeaux des associations patriotiques locales ( Comité d'entente de Millau, SEMLH, Médaillés militaires, ONM, Retraités militaires, combattants de moins de 20 ans, Anciens d'Indochine) et de nombreux amis de ce petit coin de France où il avait su se créer des liens solides.
Les cérémonies ont eu lieu en présence de membres de sa famille et de celle de son épouse.

Oui, en effet, Marcel RIVIERE, s’est éteint au Centre Hospitalier de Séverac le Château le 1° mars 2012.
Aveyronnais de pure souche, Marcel s’était replié là, après une carrière militaire, bien remplie, depuis son engagement dans le maquis en 1944, puis celui dans la Coloniale où il s’illustra brillamment, surtout en Indochine. Cité cinq fois dont une fois avec palme, titulaire de la Médaille Militaire, puis fait chevalier de la Légion d’Honneur, il était le type même du combattant courageux, efficace, mais toujours modeste.
Il vouait un véritable culte à cette Indochine où il avait « décroché » toutes ses médailles. Revenu en Métropole, il va suivre des études de philosophie en Suisse où il rencontrera celle qui deviendra son épouse Avec elle il se replie sur les Canabières dans l’Aveyron, et depuis son veuvage, il vivait paisiblement dans ce cadre ancestral, promenant son chien fidèle, discutant avec ses voisins et amis et recevant avec beaucoup de joie les visites amicales que la Section lui rendait de temps en temps, malgré l’éloignement. Quelques jours avant son décès, Michel Bain et Guy Meunier, un de ses vieux amis depuis soixante ans, venaient de lui rendre une visite, à l’hôpital, sans illusion sur son décès qui allait survenir bientôt.

Au cours de la cérémonie, que l’Association avait organisée et à laquelle notre Section, grâce au dévouement de Michel Bain, de Meunier et de Jacques Bouthier a participé, un bref rappel de son passé militaire a été lu par Roger Fiorio, Président de Section DPLV, puis Mme Ourieux,le pasteur protestant, nous a invité à réfléchir sur la condition humaine. La salle était bien remplie, par tous ceux, voisins ou amis, qui avaient pu faire le déplacement, malgré le froid glacial dans cette arrière pays au climat rude, et ou pourtant Marcel avait vécu heureux jusque là. Entouré, dans son cercueil, par les nombreux porte Drapeaux des DPLV de la Coloniale et des Associations patriotiques locales, Marcel, a pu, depuis le Ciel, espérons le, entendre l’hymne des Troupes de Marine entonné par l’assistance, accompagné par la trompette de Schira , membre des TDM.
En fin d’après midi, accompagné de fidèles, comme Bain, Bouthier ou Meunier, pour ne citer que les membres des DPLV, ses cendres a été déposées au cimetière des Canabières, village qu’il aimait tant au cours d'une brève cérémonie. Le colonel Paul Chassagneux , président de l'ATDM34 a évoqué les derniers moments de convivialité vécus avec le défunt... Lecture de poèmes, ultime prière... sonnerie aux Morts, refrain de l'extinction des feux...

Mon cher et vieil ami, Marcel Rivière, nous te regretterons toujours et que Dieu te garde auprès de lui ; et si tu jettes de temps en temps depuis le Ciel, un oeil amical sur nous, sache que nous le ressentirons certainement.

Adieu, Marcel ! 
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OBSEQUES de Marcel RIVIERE,
CH/LH, MM, CG TOE, 5 citations 6 mars 2012
SEVERAC LE CHATEAU – LES CANNABIERES


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Merci à tous ceux qui l'ont soutenu dans ses
derniers jours, et tout spécialement à
Mme Paulette ALBINET-GRANIER