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Hommage à l’adjudant-chef Jean-Pierre LOPEZ

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Hommage prononcé aux obsèques de Jean-Pierre Lopez, au cimetière Le Py de Sète le 11 juin 2012 par le chef de bataillon Antoine d’Assonville, trésorier de l’association et ami du défunt. (version PDF)

Mon adjudant-chef LOPEZ Jean-Pierre, président national de l’amicale des anciens combattants du 81ème Régiment d’Infanterie.

En tant que trésorier national de cette amicale, en son nom et avec les membres ici présents et ceux qui n’ont pas pu venir, nous venons vous rendre hommage aux derniers moments de votre vie. Vous avez fait votre devoir en tant que président et nous vous en remercions.
Jean-Pierre Lopez, né le 10 mai 1936 à Oran (Algérie), est appelé sous les drapeaux pendant les événements d’Algérie, dans l’Armée de l’Air, au bataillon 1/140 dans la région de Blida, département d’Alger, de 1955 au 30/5/57 et termine son service avec le grade de caporal-chef.
Rengagement à la section administrative spécialisée de St Hippolyte, région de Mascara, département d’Oran, comme brigadier MOGHAZNI et interprète du 1/9/1957 au 12/10/1959. Puis il sert au 151ème bataillon d’infanterie jusqu’à la fin des événements d’Algérie.
Du 20/3/1963 au 20/3/1965, il rengage en France au Centre d’instruction du 159ème bataillon d’infanterie alpine à Briançon (Alpes).
Du 20/5/1965 au 20/5/1967, il prend un nouveau rengagement de deux ans au 159ème d’infanterie alpine toujours à Briançon (Alpes) avec le grade de sergent.
De 1967 à 1982, il rejoint le 81ème régiment d’infanterie à Sète avec le grade de sergent-chef, adjudant et prend sa retraite le 1/08/1982 avec le grade d’adjudant-chef. Il se retire à Sète.
Marié avec 3 enfants, deux filles, un garçon, l’adjudant-chef Lopez est affecté dans la réserve combattante.
Après avoir été employé à divers postes, il profite paisiblement de sa retraite.
Pendant toute sa carrière militaire, toujours volontaire, meneur d’hommes exemplaire, faisant preuve de grandes qualités de combattant, il est décoré de la croix de la Valeur militaire avec quatre citations et de la Médaille militaire pour faits de guerre.
Il est successivement promu chevalier de l’Ordre national du Mérite, chevalier de la Légion d’Honneur, officier de l’Ordre national du Mérite. Il est également titulaire de la croix du Combattant volontaire avec agrafe « Algérie » et de la croix du Combattant.
Jean-Pierre était très apprécié dans le milieu civil et combattant. Très connu de beaucoup de monde, il devient une certaine personnalité de la ville de Sète. Il reçoit une lettre de félicitations du maire de cette ville et il est désigné « Maître de cérémonies » pour les différentes manifestations militaires depuis 1982.
Toujours volontaire, dévoué, jovial, familier et boute en train, il entre au service de plusieurs associations de Sète :
· président des Anciens combattants d’Afrique du Nord
· président des Médaillés Militaires
· président des Anciens de l’armée d’Afrique
· président des Pieds noirs d’Algérie
Il était en outre trésorier de la section Languedoc sud des Décorés de la Légion d’Honneur au Péril de Leur Vie, et, bien sûr, jusqu’à ce jour, président national de l’Amicale des anciens combattants du 81ème RI.
Je dois certainement oublier d’autres servitudes de volontariat. Il tient tous ces postes avec volonté, heureux de rendre service à tout le monde, avec bonne humeur et sans discontinuer.
Au nom de l'Amicale des AC du 81ème RI, mon adjudant-chef, nous vous saluons et vous disons un grand adieu.
Nous adressons à madame OBESA, sa compagne, à ses enfants et à toute sa famille, nos condoléances les plus sincères et nous partageons avec eux notre peine.

Jean-Pierre LOPEZ avait démissionné de notre section en 2010 pour rejoindre sa famille en Normandie.
A l’issue de l’hommage au pied du drapeau du carré militaire, les cendres de notre camarade ont été dispersées au lieu réservé du cimetière Py.

Une vingtaine de drapeaux étaient présents pour l’hommage.
Pratiquement tous les présidents des associations AC de Sète ; beaucoup de « piedsnoirs».
Représentants notre section Languedoc sud : président Roger Fiorio, Michel Bain

A Dieu Jean-Pierre...

Rappel de carrière de l'adjudant Pierre CHIESI

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Notre camarade et ancien, Pierre CHIESI, dons nous saluons ici la dépouille et honorons la mémoire, est né à Corté, en Corse le 5 septembre 1925.
Il est âgé de 16 ans lorsque les allemands envahissent l’île de Beauté le 11 novembre 1942, après le débarquement anglo-américain en Afrique du Nord 3 jours auparavant.
Moins d’un an plus tard, en septembre 1943, la Corse se soulève. Les patriotes aidés par le Bataillon de Choc venu d’Afrique du Nord et des unités italiennes ralliées détruisent ou font prisonnières les troupes allemandes en moins de trois semaines.
Le 5 octobre, la Corse est le premier département français libéré.
Cinq mois plus tard, Pierre qui a 18 ans, est déclaré bon pour le service armé et mobilisé. Après une période de formation en Corse, il rejoint l’Algérie en juin 1944, puis embarque à Mers-el-Kébir à titre de renfort en novembre pour la France où il rejoint le 1er Régiment de Cuirassiers dans le Jura, régiment avec lequel il participe aux rudes combats des campagnes de France et d’Allemagne, comme aide-conducteur de char, obtenant la croix de guerre 1939/1945 avec une citation avec étoile de bronze, blessé au combat.

Rengagé, le 1ère classe CHIESI reste en Allemagne jusqu’en décembre1946.

Sur sa demande, il embarque pour l’Indochine en janvier 1947, où il est affecté au 73ème régiment du Génie, 21éme compagnie avec laquelle il fait campagne en Cochinchine puis à Langson, au Tonkin, sur la frontière chinoise, comme conducteur sur la route coloniale N°4 entre Langson et Cao Bang, particulièrement dangereuse, où les postes et les convois sont sans cesse attaqués par les soldats vietminh. Il est rapatrié en métropole en mai 1950.
Au cours de ce premier séjour en Indochine, Pierre est nommé brigadier, puis brigadier-chef, obtenant la croix des théâtres d’opérations extérieures avec deux citations avec étoile de bronze.
Après trois mois de congé à CORTE, il rejoint le 34ème Bataillon du Génie à Tunis.
A nouveau volontaire pour l’Indochine, nommé sergent en novembre 1951, il rejoint le Tonkin et le 73ème Bataillon du Génie en octobre 1952. Il participe à de nombreuses opérations visant à protéger le delta du fleuve rouge au sein des Groupes mobiles, en ouverture de route et sécurisation des ouvrages d’art. Il est rapatrié en métropole en janvier 1954.
Au cours de ce deuxième séjour, le sergent Chiesi est à nouveau cité deux fois avec étoile de bronze. Il est décoré de la Médaille militaire pour services exceptionnels.
Une affectation de 4 ans en Allemagne, à RASTATT au 13ème Bataillon du Génie suit.
Promu Sergent-chef en 1955, Pierre obtient son certificat interarmes, son brevet du 1er degré « Génie » ; il est admis dans le Corps des sous-officiers de carrière.
Début 1961, il est affecté en Algérie au 72ème Bataillon du Génie, à Dra el Mizan. Nommé adjudant en 1962, il quitte l’Algérie en juin 1963.
Après deux ans en métropole au 32ème Régiment du Génie, l’adjudant Chiesi part pour Madagascar, en assistance militaire technique en juin 1965 pour un séjour de deux ans et demi où son calme et sa compétence sont appréciés.
Notre ancien termine sa carrière en Allemagne à Vieux Brisach, au 10ème régiment du Génie, admis à faire valoir ses droits à la retraite après 25 ans de service le 4 mai 1970.
En relisant les citations qu’il a obtenues, on retrouve les mots « courage, sang-froid, volontaire pour toutes les missions dangereuses, dévouement parfait, conscience professionnelle ».
Titulaire de la croix de Chevalier de la Légion d’Honneur, Médaillé Militaire, Croix de guerre 39/45, croix de guerre des Théâtres d’Opérations Extérieures, médailles commémoratives Extrême-Orient, Afrique du Nord, Médaille coloniale, Médaille de la Jeunesse et des Sports, cinq fois cité au combat, blessé,...
...Oui, l’adjudant Pierre CHIESI a fait honneur aux Armes de la France, à la Corse, au Corps des sous-Officiers et à l’Arme du Génie.
A Dieu, adjudant Pierre CHIESI, mon ancien
24 mai 2012

Pierre CHIESI avait démissionné de notre section Languedoc sud des Décorés de la Légion d'Honneur au Péril de Leur Vie en 2008.
Sa famille a souhaité la présence de notre drapeau aux obsèques. Nous lui avons donné satisfaction

CR obsèques du capitaine (h) Lucien BELASCO

Compte-rendu des obsèques du capitaine (h) Lucien BELASCO, décédé le 20 avril-12

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Le diacre catholique Alain Jerez a célébré la cérémonie religieuse d'adieu de notre camarade Lucien Belasco le mardi 24 avril-12 en l'église St Vincent de Castelnau le Lez en présence de sa famille, de ses amis et de ses voisins, venus en nombre.

Notre ancien était bien connu et apprécié dans cette paroisse.

Au cours des diverses prises de parole, la vie de Lucien a été évoquée sous trois angles.

Une retraité de l'enseignement catholique qui l'avait eu comme «inspecteur » dans les années soixante, années où nombre d'établissements confessionnels sont passés sous contrat avec l'Etat, l'a remercié pour son action: « homme rigoureux, droit et exigeant mais très humain, toujours ouvert et de bon conseil tant qu'il a été en activité, il fut d'une aide précieuse à sa retraite, comme conseiller pédagogique et formateur bénévole dans l'enseignement catholique ».

Le général Patrick Pacaud a prononcé l'éloge funèbre de ce pied noir remobilisé en 1942, grièvement blessé en 1944 au cours de la campagne d'Italie.

Notre président, Roger Fiorio, a été particulièrement touché par la similitude des carrières à, il est vrai, dix ans d'écart, entre celle de Belasco et la sienne. En effet, tous les deux ont été élèves de l'Ecole normale de Constantine, puis ont exercé dans des bleds perdus de ce même département. La différence s'est faite à l'issue des guerres de 39/45 et d'Algérie, puisque Belasco, sollicité par l'Armée qui lui promettait d'accéder au grade de sous-lieutenant, a rejoint l'Enseignement, tandis que Fiorio choisissait la carrière militaire.

A travers ces interventions, ce sont des pages d'histoire de France qui ont été rappelées, remuant bien des souvenirs dans l'assistance.

Les enfants et petits-enfants du défunt ont tenu à témoigner de leur affection pour le « papi » par des rappels de moments de vie pleins de tendresse, malheureusement souvent inaudibles, les intervenants étant très émus.

En fin de cérémonie, le diacre nous a invités à conserver le souvenir de Lucien dans tout ce qu'il avait fait de bien, de beau et de grand, dans l'espérance en Dieu.

Notre plaque mortuaire était bien visible au milieu des gerbes de fleurs.

Membres de la section Languedoc sud présents : Roger Fiorio, président – général Patrick Pacaud – Robert Bayle – Jacques Bouthier – Michel Bain, porte-drapeau.

Eloge funèbre du Capitaine (h) Lucien BELASCO

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Eloge funèbre du Capitaine (h) Lucien BELASCO
Version PDF

CR des obsèques

Mon ancien, Lucien BELASCO, tu nous a quittés le 20 avril 2012.
2012 année de la commémoration de la fin des combats en Algérie.
Cette Algérie où tu étais né à Constantine le 7 décembre 1919, et pour laquelle tu as vaillamment combattu.
insigne

Lucien, était un pied-noir de la 3ème génération, né d'un père menuisier profondément catholique et d'une mère enseignante issue de l'Ecole normale, qui décède alors qu'il n'avait que 9 ans.
Lucien se destine à l'enseignement et passe par l'Ecole Normale qui forme les instituteurs. Il fréquente ses camarades de quartier, parle couramment l'arabe local, comprend et écrit l'arabe littéraire.

Septembre 1939 : la France déclare la guerre à l'Allemagne.
Juin 1940 : c'est la défaite des troupes françaises et, le 22, la signature de l'armistice. Mais l'Algérie et l'empire colonial français ne tombe pas sous la domination nazie.

Le jeune Lucien BELASCO, reconnu bon pour le service en 1939, est mobilisé en juin 1940 au 3ème Régiment de Zouaves où il suit la Préparation militaire supérieure. Il est nommé sergent de réserve en octobre, puis est envoyé dans un camp de Chantiers de jeunesse.

Démobilisé en janvier 1941, il est rappelé au service actif en décembre 1942 après le débarquement des alliés en Afrique du Nord et l'invasion de la zone libre par les Allemands en novembre de la même année.

Affecté au 7ème Régiment de Tirailleurs Algériens, le sergent BELASCO participe à la campagne de Tunisie destinée à repousser les allemands venus tendre la main à l'Afrika Corps en retraite, Il commande un groupe d'infanterie de janvier à mai 1943 et a l'honneur de défiler dans Tunis libérée.

Suivent 5 mois de préparation à la campagne d'Italie, où le Corps expéditionnaire français, qui comprendra jusqu'à 100 000 hommes, aux ordres du général Juin, va se couvrir de gloire et susciter l'admiration des chefs alliés. La quasi-totalité de cette troupe est originaire du Maghreb, tunisiens, marocains, pieds-noirs et français musulmans d'Algérie réunis.

Le 7ème RTA, qui fait partie de la 3ème Division d'Infanterie Algérienne dite « division des 3 croissants » commandée par le général de MONSABERT, est un régiment prestigieux, portant fourragère de la Légion d'Honneur après avoir gagné six palmes et une étoile de vermeil pendant la 1ère guerre mondiale, débarque en Italie en décembre 1943.
En Italie, les forces alliées piétinent, tentant de franchir le Garigliano et de s'ouvrir la route de Rome.
Les deux divisions françaises engagées, la 2ème Division d'Infanterie Marocaine du général DODY et la 3ème DIA sont alignées sur un front de montagnes dans les Apennins barrant l'accès de la vallée du Rapido, cours supérieur du Garigliano, fossé de la vaste plaine de Cassino.

Le 12 janvier 1944, l'attaque est lancée. Au prix de lourdes pertes, les deux divisions s'emparent de tous les sommets dominants le Rapido jusque sur sa rive droite, et enfoncent la ligne de défense allemande Gustav. Le 7ème RTA enlève les sommets du Mona Casale. La plaine de Cassino s'étale sous les yeux des français, encadrée par deux pitons, à gauche, le mont Cassin, à droite, le Belvédère.
Le 25 janvier, nouvelle attaque. Cette fois, il s'agit de traverser la plaine pour s'emparer du Belvédère et des sommets voisins sous le feu des allemands. Ceux-ci se défendent vigoureusement. La bataille fait rage avec un déluge d'artillerie. Jusqu'au 4 février, attaques et contre attaques se succèdent, les sommets pris, perdus et repris plusieurs fois au prix de pertes humaines énormes. Puis, les lignes se stabilisent, parfois à quelques dizaines de mètres de distance.

C'est au cours de cette bataille du Belvédère que le sergent Lucien BELASCO, dernier cadre en état de se battre parmi les officiers ou sous-officiers de sa compagnie, a mérité cette citation comportant l'attribution de la Croix de guerre avec palme , c'est-à-dire avec citation à l'ordre de l'armée :
" Jeune sous-officier d'une ardeur et d'un courage crâne. Seul sous-officier de sa compagnie, a entraîné ses hommes à l'attaque de la position ennemie du col Abate.
Le 2 février 1944, payant d'exemple, faisant feu lui-même sur l'ennemi, grièvement blessé à la main au cours de cette attaque, n'a quitté sa position qu'après l'avoir fortement organisée. "

Le mont Cassin, dernier verrou sur la route de Rome est conquis par les tirailleurs marocains en mai et les troupes françaises défilent dans Rome le 8 juin.
Le sergent Belasco ne connaîtra pas ce moment d'ivresse, assombri par la masse des camarades tués ou blessés au combat : pour la seule 3ème DIA, plus de 1800 tués.

Nommé sergent-chef le 13 février, il est rapatrié sanitaire en Algérie deux jours après.
Promu sergent-major, il est démobilisé fin août 1945.
L'Armée tente de le réintégrer avec le grade de sous-lieutenant d'active mais, après réflexion, Lucien Belasco préfère reprendre son beau métier d'instituteur. Il reste cependant très actif comme officier de Réserve participant à l'encadrement de la Préparation militaire, dans les Unités Territoriales, dès 1946. Puis comme rappelé, pendant 4 ans, jusqu'en 1962, il commande à Jemmapes dans le Constantinois une Unité Territoriale de 60 hommes.
L'estime de ses concitoyens de Jemmapes l'a porté à la tête du Comité de salut public en 1958 avec l'immense espoir, vite déçu, de conserver l'Algérie française.

En 1969, dans l'Hérault, il est admis à l'honorariat de son grade de capitaine.

Au cours de ses activités de réserviste, Lucien BELASCO a obtenu un témoignage de satisfaction à l'ordre de la Région, un à l'ordre de la Division, une lettre de félicitations du ministre. Tous mettent en exergue ses qualités de pédagogue, d'instructeur, son dynamisme, son sens de la discipline et sa volonté d'accomplir les missions qui lui étaient dévolues.

Promu chevalier de la Légion d'Honneur en 1966, notre camarade était titulaire de la Croix de guerre 1939/45 avec palme, de la croix du combattant, de la Médaille commémorative de la campagne d'Italie, de la Médaille commémorative d'Afrique du Nord, de la Médaille coloniale avec agrafe « Tunisie », et de la médaille des blessés. Il avait également reçu les palmes académiques.
Il terminera sa carrière civile comme inspecteur des écoles et reprendra du service à titre bénévole dans l'enseignement catholique à son retour en France en 1962.

Notre section des Décorés de la Légion d'Honneur au Péril de Leur Vie est fière de t'avoir compté parmi ses membres.
Elle prend part au chagrin de ton épouse et de ta famille et salue une dernière fois un « brave » qui a si bien servi la Patrie.

Adieu Lucien, notre grand ancien, tu demeureras pour chacun d'entre nous un exemple de courage et de fidélité

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Madame Yvonne Vibert

Adieu à Yvonne VIBERT, décédée le 4 mars 2011
Membre de notre section Languedoc Sud,
Veuve du capitaine de frégate VIBERT, officier de la Légion d'Honneur

Madame Yvonne Vibert
Notre section Languedoc sud des Décorés de la Légion d'Honneur au Péril de leur Vie a souhaité rendre un hommage particulier à Mme Yvonne VIBERT.
Ayant eu la chance de lui avoir rendu quelques visites à son domicile durant les dernières années de sa vie et mangé à la même table qu'elle au dernier repas pris en commun avec des membres de notre association, c'est avec une tendresse mêlée d'admiration que je dirai quelques mots d'Yvonne.

Ce qui suit est extrait de ses conversations.

Mme VIBERT était née STEPHENSON à Liverpool en 1920 dans un milieu aisé d'un père britannique et d'une maman alsacienne.
Engagée pour la durée de la guerre en 1941 dans le Corps des auxiliaires de l'Infanterie galloise, après une brève période de formation assez dure en compagnie de ses camarades féminins, elle avait mission de fouiller dans les décombres après les bombardements pour ramasser tout ce qui pourrait servir à l'identification des corps des victimes.
La même année, elle fait la connaissance chez son père d'un officier de marine, sous-marinier des Forces Françaises Libres qu'elle épouse à DUNDEE, en Ecosse ; naturalisée française, elle s'engage dans les FFL, au titre du service social. Comme toutes les femmes de marin en temps de guerre, elle espère dans l'angoisse que son mari rentrera sain et sauf de chaque mission.
Yvonne a même cru un temps que le sous-marin de son mari avait été grenadé et coulé dans un fiord de Norvège ; le sous-marin, fortement endommagé pourra rentrer à bon port en navigation de surface sous protection aérienne.
Cette période de guerre l'a amené à fréquenter de prestigieux français libres, relations dont elle était fière et qui se sont poursuivies lorsqu'à la Libération de la France, le commandant VIBERT a été affecté à l'état-major de la Marine.
Après le décès de son époux, Yvonne a partagé sa vie avec un officier marinier, premier maître mécanicien, lui aussi ancien des Forces françaises libres, VAN GYSEGHEM, deux fois coulés avec son navire dans des actions de combat et ayant participé avec sa corvette à l'envoi par le fond deux sous-marins allemands.

C'est au titre d'héritière que Mme VIBERT était membre de notre section, les deux hommes de sa vie ayant tous deux été Officier de la Légion d'Honneur pour faits de guerre.
Nous garderons le souvenir des magnifiques yeux bleus d'Yvonne, de sa convivialité, de son refus du laisser-aller propre au grand âge et de la distanciation amusée qu'elle savait prendre en racontant ses souvenirs.

A Dieu, Yvonne
Michel BAIN, secrétaire de section

Mot d'adieu prononcé aux obsèques de Mme VIBERT, en la cathédrale d'Agde le 10 mars 2011