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CR obsèques du capitaine (h) Lucien BELASCO

Compte-rendu des obsèques du capitaine (h) Lucien BELASCO, décédé le 20 avril-12

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Le diacre catholique Alain Jerez a célébré la cérémonie religieuse d'adieu de notre camarade Lucien Belasco le mardi 24 avril-12 en l'église St Vincent de Castelnau le Lez en présence de sa famille, de ses amis et de ses voisins, venus en nombre.

Notre ancien était bien connu et apprécié dans cette paroisse.

Au cours des diverses prises de parole, la vie de Lucien a été évoquée sous trois angles.

Une retraité de l'enseignement catholique qui l'avait eu comme «inspecteur » dans les années soixante, années où nombre d'établissements confessionnels sont passés sous contrat avec l'Etat, l'a remercié pour son action: « homme rigoureux, droit et exigeant mais très humain, toujours ouvert et de bon conseil tant qu'il a été en activité, il fut d'une aide précieuse à sa retraite, comme conseiller pédagogique et formateur bénévole dans l'enseignement catholique ».

Le général Patrick Pacaud a prononcé l'éloge funèbre de ce pied noir remobilisé en 1942, grièvement blessé en 1944 au cours de la campagne d'Italie.

Notre président, Roger Fiorio, a été particulièrement touché par la similitude des carrières à, il est vrai, dix ans d'écart, entre celle de Belasco et la sienne. En effet, tous les deux ont été élèves de l'Ecole normale de Constantine, puis ont exercé dans des bleds perdus de ce même département. La différence s'est faite à l'issue des guerres de 39/45 et d'Algérie, puisque Belasco, sollicité par l'Armée qui lui promettait d'accéder au grade de sous-lieutenant, a rejoint l'Enseignement, tandis que Fiorio choisissait la carrière militaire.

A travers ces interventions, ce sont des pages d'histoire de France qui ont été rappelées, remuant bien des souvenirs dans l'assistance.

Les enfants et petits-enfants du défunt ont tenu à témoigner de leur affection pour le « papi » par des rappels de moments de vie pleins de tendresse, malheureusement souvent inaudibles, les intervenants étant très émus.

En fin de cérémonie, le diacre nous a invités à conserver le souvenir de Lucien dans tout ce qu'il avait fait de bien, de beau et de grand, dans l'espérance en Dieu.

Notre plaque mortuaire était bien visible au milieu des gerbes de fleurs.

Membres de la section Languedoc sud présents : Roger Fiorio, président – général Patrick Pacaud – Robert Bayle – Jacques Bouthier – Michel Bain, porte-drapeau.

Eloge funèbre du Capitaine (h) Lucien BELASCO

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Eloge funèbre du Capitaine (h) Lucien BELASCO
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CR des obsèques

Mon ancien, Lucien BELASCO, tu nous a quittés le 20 avril 2012.
2012 année de la commémoration de la fin des combats en Algérie.
Cette Algérie où tu étais né à Constantine le 7 décembre 1919, et pour laquelle tu as vaillamment combattu.
insigne

Lucien, était un pied-noir de la 3ème génération, né d'un père menuisier profondément catholique et d'une mère enseignante issue de l'Ecole normale, qui décède alors qu'il n'avait que 9 ans.
Lucien se destine à l'enseignement et passe par l'Ecole Normale qui forme les instituteurs. Il fréquente ses camarades de quartier, parle couramment l'arabe local, comprend et écrit l'arabe littéraire.

Septembre 1939 : la France déclare la guerre à l'Allemagne.
Juin 1940 : c'est la défaite des troupes françaises et, le 22, la signature de l'armistice. Mais l'Algérie et l'empire colonial français ne tombe pas sous la domination nazie.

Le jeune Lucien BELASCO, reconnu bon pour le service en 1939, est mobilisé en juin 1940 au 3ème Régiment de Zouaves où il suit la Préparation militaire supérieure. Il est nommé sergent de réserve en octobre, puis est envoyé dans un camp de Chantiers de jeunesse.

Démobilisé en janvier 1941, il est rappelé au service actif en décembre 1942 après le débarquement des alliés en Afrique du Nord et l'invasion de la zone libre par les Allemands en novembre de la même année.

Affecté au 7ème Régiment de Tirailleurs Algériens, le sergent BELASCO participe à la campagne de Tunisie destinée à repousser les allemands venus tendre la main à l'Afrika Corps en retraite, Il commande un groupe d'infanterie de janvier à mai 1943 et a l'honneur de défiler dans Tunis libérée.

Suivent 5 mois de préparation à la campagne d'Italie, où le Corps expéditionnaire français, qui comprendra jusqu'à 100 000 hommes, aux ordres du général Juin, va se couvrir de gloire et susciter l'admiration des chefs alliés. La quasi-totalité de cette troupe est originaire du Maghreb, tunisiens, marocains, pieds-noirs et français musulmans d'Algérie réunis.

Le 7ème RTA, qui fait partie de la 3ème Division d'Infanterie Algérienne dite « division des 3 croissants » commandée par le général de MONSABERT, est un régiment prestigieux, portant fourragère de la Légion d'Honneur après avoir gagné six palmes et une étoile de vermeil pendant la 1ère guerre mondiale, débarque en Italie en décembre 1943.
En Italie, les forces alliées piétinent, tentant de franchir le Garigliano et de s'ouvrir la route de Rome.
Les deux divisions françaises engagées, la 2ème Division d'Infanterie Marocaine du général DODY et la 3ème DIA sont alignées sur un front de montagnes dans les Apennins barrant l'accès de la vallée du Rapido, cours supérieur du Garigliano, fossé de la vaste plaine de Cassino.

Le 12 janvier 1944, l'attaque est lancée. Au prix de lourdes pertes, les deux divisions s'emparent de tous les sommets dominants le Rapido jusque sur sa rive droite, et enfoncent la ligne de défense allemande Gustav. Le 7ème RTA enlève les sommets du Mona Casale. La plaine de Cassino s'étale sous les yeux des français, encadrée par deux pitons, à gauche, le mont Cassin, à droite, le Belvédère.
Le 25 janvier, nouvelle attaque. Cette fois, il s'agit de traverser la plaine pour s'emparer du Belvédère et des sommets voisins sous le feu des allemands. Ceux-ci se défendent vigoureusement. La bataille fait rage avec un déluge d'artillerie. Jusqu'au 4 février, attaques et contre attaques se succèdent, les sommets pris, perdus et repris plusieurs fois au prix de pertes humaines énormes. Puis, les lignes se stabilisent, parfois à quelques dizaines de mètres de distance.

C'est au cours de cette bataille du Belvédère que le sergent Lucien BELASCO, dernier cadre en état de se battre parmi les officiers ou sous-officiers de sa compagnie, a mérité cette citation comportant l'attribution de la Croix de guerre avec palme , c'est-à-dire avec citation à l'ordre de l'armée :
" Jeune sous-officier d'une ardeur et d'un courage crâne. Seul sous-officier de sa compagnie, a entraîné ses hommes à l'attaque de la position ennemie du col Abate.
Le 2 février 1944, payant d'exemple, faisant feu lui-même sur l'ennemi, grièvement blessé à la main au cours de cette attaque, n'a quitté sa position qu'après l'avoir fortement organisée. "

Le mont Cassin, dernier verrou sur la route de Rome est conquis par les tirailleurs marocains en mai et les troupes françaises défilent dans Rome le 8 juin.
Le sergent Belasco ne connaîtra pas ce moment d'ivresse, assombri par la masse des camarades tués ou blessés au combat : pour la seule 3ème DIA, plus de 1800 tués.

Nommé sergent-chef le 13 février, il est rapatrié sanitaire en Algérie deux jours après.
Promu sergent-major, il est démobilisé fin août 1945.
L'Armée tente de le réintégrer avec le grade de sous-lieutenant d'active mais, après réflexion, Lucien Belasco préfère reprendre son beau métier d'instituteur. Il reste cependant très actif comme officier de Réserve participant à l'encadrement de la Préparation militaire, dans les Unités Territoriales, dès 1946. Puis comme rappelé, pendant 4 ans, jusqu'en 1962, il commande à Jemmapes dans le Constantinois une Unité Territoriale de 60 hommes.
L'estime de ses concitoyens de Jemmapes l'a porté à la tête du Comité de salut public en 1958 avec l'immense espoir, vite déçu, de conserver l'Algérie française.

En 1969, dans l'Hérault, il est admis à l'honorariat de son grade de capitaine.

Au cours de ses activités de réserviste, Lucien BELASCO a obtenu un témoignage de satisfaction à l'ordre de la Région, un à l'ordre de la Division, une lettre de félicitations du ministre. Tous mettent en exergue ses qualités de pédagogue, d'instructeur, son dynamisme, son sens de la discipline et sa volonté d'accomplir les missions qui lui étaient dévolues.

Promu chevalier de la Légion d'Honneur en 1966, notre camarade était titulaire de la Croix de guerre 1939/45 avec palme, de la croix du combattant, de la Médaille commémorative de la campagne d'Italie, de la Médaille commémorative d'Afrique du Nord, de la Médaille coloniale avec agrafe « Tunisie », et de la médaille des blessés. Il avait également reçu les palmes académiques.
Il terminera sa carrière civile comme inspecteur des écoles et reprendra du service à titre bénévole dans l'enseignement catholique à son retour en France en 1962.

Notre section des Décorés de la Légion d'Honneur au Péril de Leur Vie est fière de t'avoir compté parmi ses membres.
Elle prend part au chagrin de ton épouse et de ta famille et salue une dernière fois un « brave » qui a si bien servi la Patrie.

Adieu Lucien, notre grand ancien, tu demeureras pour chacun d'entre nous un exemple de courage et de fidélité

7rta

Madame Yvonne Vibert

Adieu à Yvonne VIBERT, décédée le 4 mars 2011
Membre de notre section Languedoc Sud,
Veuve du capitaine de frégate VIBERT, officier de la Légion d'Honneur

Madame Yvonne Vibert
Notre section Languedoc sud des Décorés de la Légion d'Honneur au Péril de leur Vie a souhaité rendre un hommage particulier à Mme Yvonne VIBERT.
Ayant eu la chance de lui avoir rendu quelques visites à son domicile durant les dernières années de sa vie et mangé à la même table qu'elle au dernier repas pris en commun avec des membres de notre association, c'est avec une tendresse mêlée d'admiration que je dirai quelques mots d'Yvonne.

Ce qui suit est extrait de ses conversations.

Mme VIBERT était née STEPHENSON à Liverpool en 1920 dans un milieu aisé d'un père britannique et d'une maman alsacienne.
Engagée pour la durée de la guerre en 1941 dans le Corps des auxiliaires de l'Infanterie galloise, après une brève période de formation assez dure en compagnie de ses camarades féminins, elle avait mission de fouiller dans les décombres après les bombardements pour ramasser tout ce qui pourrait servir à l'identification des corps des victimes.
La même année, elle fait la connaissance chez son père d'un officier de marine, sous-marinier des Forces Françaises Libres qu'elle épouse à DUNDEE, en Ecosse ; naturalisée française, elle s'engage dans les FFL, au titre du service social. Comme toutes les femmes de marin en temps de guerre, elle espère dans l'angoisse que son mari rentrera sain et sauf de chaque mission.
Yvonne a même cru un temps que le sous-marin de son mari avait été grenadé et coulé dans un fiord de Norvège ; le sous-marin, fortement endommagé pourra rentrer à bon port en navigation de surface sous protection aérienne.
Cette période de guerre l'a amené à fréquenter de prestigieux français libres, relations dont elle était fière et qui se sont poursuivies lorsqu'à la Libération de la France, le commandant VIBERT a été affecté à l'état-major de la Marine.
Après le décès de son époux, Yvonne a partagé sa vie avec un officier marinier, premier maître mécanicien, lui aussi ancien des Forces françaises libres, VAN GYSEGHEM, deux fois coulés avec son navire dans des actions de combat et ayant participé avec sa corvette à l'envoi par le fond deux sous-marins allemands.

C'est au titre d'héritière que Mme VIBERT était membre de notre section, les deux hommes de sa vie ayant tous deux été Officier de la Légion d'Honneur pour faits de guerre.
Nous garderons le souvenir des magnifiques yeux bleus d'Yvonne, de sa convivialité, de son refus du laisser-aller propre au grand âge et de la distanciation amusée qu'elle savait prendre en racontant ses souvenirs.

A Dieu, Yvonne
Michel BAIN, secrétaire de section

Mot d'adieu prononcé aux obsèques de Mme VIBERT, en la cathédrale d'Agde le 10 mars 2011

Colonel Woigner Maurice

St Cyrien, colonel des Troupes de Marine, Maurice WOIGNIER avait servi en Indochine et en Afrique où il avait contracté une maladie tropicale qui l'avait obligé à la sédentarité. Passionné d'histoire, Maurice était diplômé de l'Université.