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Hommage à l’adjudant-chef Roger ARTAUD, décédé le 23 octobre 2013

Hommage à l’adjudant-chef Roger ARTAUD, décédé le 23 octobre 2013

 

ACH Roger ARTAUD

N'ayant pu contacter sa famille, ce rappel s'appuie sur les documents donnés par notre camarade lors de son adhésion à notre section.

Notre camarade est né le 4 décembre 1921 dans le Gard.
Pour échapper au STO, il s'engage en 1941 au 12ème cuirassier en garnison à Orange, beau régiment qui s'est bien battu durant la campagne de France de 1940.
Volontaire, il est affecté au 12ème régiment de Chasseurs d'Afrique au Maroc en mai 1942. Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord (1943), Roger Artaud est affecté au 12ème Cuirassier, recréé par dédoublement du 12ème régiment de Chasseurs d'Afrique. Avec le 12ème RC, rattaché à la 2ème DB du général Leclerc, le brigadier-chef Artaud rejoint l'Angleterre, participe aux combats de Normandie, à la libération d'Alençon.

Il est une première fois cité à l'Ordre du Corps d'Armée au cours des combats près de la gare des Invalides à Paris le 24 août 1944, rétablissant la situation, alors que son chef de char avait été tué et deux autres chars de son peloton détruits.

Il est à nouveau cité à l'Odre de l'Armée au cours de la percée de la 2ème DB en direction de Stasbourg :

« Conducteur du char de tête « Paris II » qui, dans la journée des 20 et 21 novembre 1944, pendant notre rapide avance du canal de la Marne, au Rhin, aux Vosges, s'est montré un conducteur parfait, joignant à une connaissance approfondie de son matériel et à sa grande compréhension du terrain, un allant et une audace magnifique ; son char ayant été détruit par un bazooka au col de la Petite pierre, a sauté hors du poste avant et a tué les servants de cette arme. »

Avec son régiment, il est des premiers à entrer dans Strabourg le 23 novembre 1944.

Au printemps 1945, Roger Artaud poursuit le combat dans la réduction de la poche de Royan dans la

reconquête de la pointe de la Coubre.

A la fin de la guerre, il cantonne avec son régiment en Allemagne à Tubingen.

insigne 12 cuirassier

Insigne du 12ème Cuirassier
Devise : « In periculo ludunt »
(Ils prennent plaisir au danger)

 

 Promu MDL/chef, il effectue séjour en Indochine de 1949 à 1952 dans la zone des plateaux montagnards (PC, Dalat) au 4ème Escadron de reconnaissance comme adjoint puis chef d'un peloton, et les derniers mois, comme comptable auto matériel du Corps.
Il obtient une nouvelle citation à l'ordre de la brigade :
« ... A rempli ces différents emplois avec une conscience et une foi remarquables, obtenant partout un rendement maximum.
Connaissant parfaitement le marériel, a rendu de précieux services dans l'instruction du personnel montagnard. »

Notre camarade terminera sa carrière avec le grade d'adjudant-chef après avoir fait campagne en Algérie.

L'adjudant-chef ARTAUD Roger était Chevalier de la Légion d'Honneur, Médaillé Miltaire, titulaire de la Croix de guerre 1939/45 avec deux citations (1A, 1CA), de la crox de guerre des TOE avec 1 citation (1B) et des médailles commémoratives afférentes à ses campagnes.

Notre section Languedoc sud des Décorés de la Légion d'Honneur au Péril de Leur Vie est fière de l'avoir compté parmi ses membres. Notre vice-président, le colonel Lucien Moreau avait eu l'honneur de le faire chevalier de la Légion d'Honneur à Béziers le 16 août 1992.

decoration ACH ARTAUD

 

Hommage au maréchal des logis Maurice SANSPEUR

Hommage au maréchal des logis Maurice SANSPEUR, décédé le 20 juillet 2013

Maurice SANSPEUR est de la génération qui a participé activement à la guerre 1939/45.

A peine sorti de l’enfance, il n’avait que 13 ans, il fait partie d’un réseau de résistance communiste dès juillet 1941 dirigé par Mr Emile DEBONNE, ancien mineur et militant CGT, ouvrier dans une usine du Mans. Ce réseau est très actif, réalisant des sabotages sur les voies ferrées dès 1943 et faisant sauter au Mans, les locaux de la ligue contre le bolchevisme et ceux de l’office de placement des ouvriers français en Allemagne en janvier 1943.

Arrêté fin juin1943 avec une douzaine de camarades, Emile DEBONNE, reconnu terroriste par un tribunal allemand, sera fusillé, comme ses compagnons, quelques jours après.

Le jeune Maurice, dont des membres de sa famille ont été arrêtés, décide alors de rejoindre l’Afrique du Nord pour poursuivre le combat contre l’occupant.

Pris en charge par des réseaux de passeurs, il franchit la ligne de démarcation de la France non occupée, traverse les Pyrénées et passe en Espagne. Là, il est interné dans des conditions très dures pendant deux mois dans les prisons espagnoles du général FRANCO.

Maurice parvient à Casablanca le 25 septembre 1943 à bord du bateau l’Epine et s’engage aussitôt pour la durée de la guerre au titre du 12ème Régiment de Cuirassier (un régiment de blindés dotés de chars) appartenant à la célèbre 2ème Division Blindée du général Leclerc qui a fait serment en 1941 dans la modeste palmeraie de Koufra, en Libye de libérer l’Alsace et Strasbourg.

C’est avec elle, que le cavalier SANSPEUR arrive en Angleterre en avril 1944, puis débarque en France le 10 juillet 1944.

Avec sa division, il fait la campagne de Normandie, participant aux combats du Mans, d’Alençon, de la forêt d’Ecouves ; puis c’est la course vers Paris, les combats d’Argentan, d’Etampes, la bataille pour la libération de Paris.

C’est au cours de cette bataille, que Maurice SANSPEUR obtient une très belle citation à l’ordre du Corps d’armée :

« Chargeur radio froid et courageux, le 25 août 1944, près de la gare des Invalides, a, par sa précision, permis la destruction de nombreux ennemis, dans des conditions difficiles du fait de la mort de son chef de char et de la destruction de deux autres chars du peloton. »

Puis c’est la campagne d’Alsace et la libération de Strasbourg en novembre 1944, la réalisation du serment de KOUFFRA.

La 2ème DB est envoyé alors vers l’Atlantique pour participer à l’anéantissement de la poche de Royan.

Muté au 1er régiment de cuirassier en octobre 1945, le maréchal des logis SANSPEUR restera deux ans en zone d’occupation en Allemagne et quittera le service actif le 1er novembre 1947, nanti de son certificat de bonne conduite. Il a alors 19 ans.

Le maréchal des logis SANSPEUR était chevalier de la Légion d’Honneur, de la Médaille militaire, de la Croix de guerre 39/45 avec étoile de vermeil, de la médaille des Evadés, de celle d’interné-résistant, des Croix du combattant volontaire et volontaires de la Résistance et d’autres, dont la médaille commémorative 39/45 avec agrafes « Libération – Allemagne ». Il portait fièrement l’insigne américain de la « Presidential Unit Citation » décerné à la 2ème Division blindée du général Leclerc.

Il était aussi invalide à 100% des suites de son internement en Espagne.

Aujourd’hui, tout le monde se pare aisément du titre de résistant.

Notre camarade Maurice l’a été dans les faits. Résistant puis combattant en uniforme, il demeure un exemple pour nous tous.

Notre section Languedoc sud des membres de la Légion d’Honneur Décorés au Péril de Leur Vie est fière de l’avoir compté parmi ses membres.

 Sanspeur

Hommage lu par Michel Bain, chargé de mission AMLH/DPLV/LS, le 24 juillet-13 aux obsèques de Maurice Sanspeur au centre funéraire de GRAMMONT/MONTPELLIER.

Présidents d’associations AC présents : Mr Robert Bayle, président de la section Languedoc sud de l’AMLH/DPLV – Mr Alexis LAURENT, président départemental de l’association Rhin et Danube.

Drapeaux présents : ceux des associations ci-dessus

Remerciements : à madame Marie Sanspeur, fille du défunt, qui nous a transmis les documents militaires de son père.

decoration Maurice Sanspeur

ELOGE DU CAPITAINE Henry LELOUP, décédé le 24 juin 2013

ELOGE DU CAPITAINE Henry LELOUP, décédé le 24 juin 2013

CNE Henry LELOUP 1942

Henry LELOUP fait partie de la génération de ceux qui ont connu 3 républiques, l’état français du maréchal Pétain, le gouvernement provisoire du général De Gaulle. Pour lui, seule la France comptait.
Notre camarade, le capitaine Henry LELOUP est né à Metz en 1920 d’un père officier, dans ce qui fut la Lorraine allemande de 1870 à 1918 et le redeviendra de 1940 à 1945, province française où le patriotisme est viscéral.
Henry s’engage au 59ème régiment d’artillerie an août 1938.
Promu maréchal-des –logis, il participe à la campagne de France en 1940, est blessé à RAON/plaine (Vosges) et fait prisonnier par les allemands à DONON.

Rawa Ruska Après trois tentatives d’évasion, il est transféré au camp de Rawa Ruska en 1942, en Ukraine, camp disciplinaire aux dures conditions de survie entraînant une mortalité très importante (60% ?).
Le jeune Leloup, qui parle allemand, s’en évade en 1943 et rejoint la France non encore occupée. Brièvement rengagé à Montpellier, il rejoint le maquis de l’Organisation de la Résistance Armée de l’Aveyron en août 1944, fait partie de la Brigade légère du Languedoc qui est incorporée au 80ème régiment d’infanterie, au sein de la 1ère Armée du général De Lattre.


Une nouvelle fois, le sergent-chef Leloup est blessé à VLLANGE-NEUF en novembre 1944. Brevet de chef de section en poche, il reste en zone d’occupation en Allemagne jusqu’en août 1947 avec le 159ème Régiment d’Infanterie Alpine.
Il termine la campagne de libération de la France avec deux citations, dont l’une pour sa brillante conduite à l’attaque de la colonne allemande de répression en août 1944 « au moulin de Clary, au combat de Flavin » poursuivant l’ennemi avec son unité « jusqu’à Montpellier ».
De retour en France, promu adjudant-chef, il suit une formation d’instructeur en éducation physique et sportive à Pau et Antibes durant un an.
Puis c’est le départ pour un premier séjour en Indochine où il débarque début juillet 1950, séjour qu’il effectue au sud-Vietnam, dans le secteur de CANTHO. L’adjudant-chef Leloup y gagne deux citations, deux comme chef de section « possédant au plus haut point les qualités de décision, d’audace et de volonté », « doué d’une énergie farouche, de grandes qualités manoeuvrières et d’un réel sens du combat… entraîneur d’hommes remarquable »… Et une troisième comme sous-
lieutenant à la tête d’une compagnie d’instruction : « splendide officier, instructeur et combattant de tout premier ordre… » .
De retour en France en septembre 1952, il est affecté à COLMAR et repart en novembre 1954 en Indochine comme instructeur à l’Ecole des enfants de troupe de DALAT qu’il quitte pour l’Ecole d’application de l’infanterie de SAINT MAIXENT début 1956.
Affecté au 9ème Zouave au Maroc en 1958, le lieutenant Leloup, promu capitaine, participe à la réorganisation des Forces françaises marocaines et rejoint l’Ecole spéciale militaire interarmes de Coëtquidan le 1er juillet 1961.
Notre camarade fait valoir ses droits à la retraite deux ans plus tard, à 25 ans de service, et entame une deuxième carrière civile à Montpellier, y reprenant la société de son père, spécialisée dans les extincteurs, prenant sa retraite définitive en 1986.
Le capitaine Henry Leloup était chevalier de la Légion d’Honneur, titulaire de la croix de guerre 39/45 avec 2 citations, de celle des Théâtres d’opérations extérieures avec 3 citations, de la croix du Combattant volontaire de la résistance, de la Médaille des évadés, … et de nombreuses médailles commémorative.
Notre section est fière de l’avoir compté parmi ses membres.
Ses obsèques ont eu lieu le 28 juin-13 en la salle des cultes du centre funéraire de Grammont (Montpellier) en présence de sa famille. Notre camarade avait exprimé le souhait qu’il n’y ait pas d’autre drapeau que le nôtre, celui de l’AMLH/DPLV/LS.
Nous étions quatre présents de notre section Languedoc sud pour lui rendre hommage : le président Robert Bayle, Roger Fiorio, Jacques Bouthier, Michel Bain avec le drapeau.


Michel Bain a prononcé son éloge.
Notre plaque mortuaire a été remise à la famille.
Nous remercions particulièrement Mme Vergnettes-Leloup, fille du défunt qui nous a donné avec une ferveur filiale profonde, les éléments en sa possession pour rendre l’hommage qu’il méritait à son père.

decoration Henry LELOUP

Hommage au capitaine Joseph GABRIELLI

Hommage au capitaine Joseph GABRIELLI, décédé le 20 juin 2013

algérie2       CNE Joseph GABRIELLItrain

 Notre camarade Joseph Gabrielli est né en Haute Corse en 1929.
Attiré par le métier des Armes, il s’engage en avril 1946 dans l’Arme du Train, servant successivement à Dijon et à AUXONNE au 527ème Groupement du Train. Gabrielli suit les différents pelotons, promu brigadier, brigadier-chef et maréchal des logis en octobre 1948.
Un an après, il part pour l’Indochine et débarque à HAÏPHONG fin novembre 1949. Quelques jours lus tard, affecté à la 71ème Compagnie de circulation routière, il rejoint LANGSON, sur la route coloniale N°4, qui longe la frontière de Chine. Les légionnaires du 3ème Etranger tiennent les postes jalonnant cette route jusqu’à CAO BANG.
La récente victoire des forces communistes en Chine rend la situation très difficile sur la frontière et le commandement décide l’évacuation de la garnison la plus éloignée, celle de CAO BANG en septembre 1950. Une forte colonne aux ordres du colonel Lepage doit venir prêter main forte à celle descendant de Cao Bang. Le sergent Gabrielli fait partie de la colonne Lepage.
La fortune de guerre n’est pas favorable à nos troupes et la garnison de CAO BANG comme la colonne de secours sont anéanties au cours des combats autour de DONG KHE, dans les dix premiers jours d’octobre. C’est en tentant de rejoindre le poste de THAT KE, que Joseph est fait prisonnier par les soldats du Vietminh.
Voici le texte de la citation à l’ordre de l’Armée qui lui sera décernée à son retour de captivité en septembre 1951 :
Sous-officier de tout premier ordre, calme e courageux, vient de donner au cours des sanglants combats de DONG KHE CAO BANG, avec la colonne Lepage dont il faisait partie, de nouvelles preuves de courage et de dynamisme.
« Volontaire pour l’évacuation des blessés de POMA, a accompli sa mission d ‘une manière parfaite. Le 5 octobre, accompagné d’un autre sous-officier et d’un petit détachement assura la protection d’un important convoi de blessés dans la région de DONG KHE, ou malgré une forte attaque rebelle limita les pertes à quelques blessés.
A ramené avec un autre camarade le colonel Lepage blessé dans les lignes françaises.
Après avoir participé effectivement aux combats du 3 au 7 octobre, privé de vivres et de munitions, se battant à l’arme blanche, c’est vaincu par la famine et les souffrances physiques qu’il fut fait prisonnier le 7 octobre 1950. »
Joseph restera 14 mois prisonnier des viets, survivant dans des conditions extrêmes de dénuement, de malnutrition, d’endoctrinement communiste aux côtés de camarades dont un grand nombre n’ont pas survécu à pareil régime.
De retour en France à la veille du Nouvel An 1952, il est affecté à Grenoble, puis, avec le grade de maréchal des logis chef, il rejoint en 1954, la 85ème compagnie de quartier général en Allemagne à LANDAU.
En avril 1956, c’est le départ pour l’Algérie où il restera jusqu’en 1962, promu adjudant peu après son arrivée, adjudant-chef en 1960. Les quatre premières années, il servira dans l’Infanterie à Bordj de l’Agha pendant 8 mois dans le sud algérois, puis dans le Train en région saharienne passant de l’une à l’autre d’oasis aux noms évocateurs : Laghouat, Edjeleh, Fort Flatters, Tamanrasset, In Salah.
Il y gagne 3 citations dont une à l’Ordre de l’armée et la Médaille militaire comme chef de section à la 1ère Cie auto saharienne « chef de section brave et remarquable entraîneur d’hommes au cours de combats dans le djebel LAOUIZ (territoires du sud) et au djebel MOKNA (région d’AFLOU).
En 1960, il rejoint le centre d’instruction du Train à Alger.
L’adjudant-chef Gabrielli quitte l’Algérie en juin 1962.
Nommé sous-lieutenant le 1er janvier 1967, capitaine en 1973, Il alternera les séjours en Allemagne et en France (Mulhouse) jusqu’en 1976, année où il entame une nouvelle carrière d’attaché de préfecture.
Le capitaine Joseph GABRIELLI était commandeur de la Légion d’Honneur, médaillé militaire, titulaire de la croix de guerre des TOE avec 1 palme, de la Valeur Militaire avec 3 citations dont 1 palme.
Ses obsèques ont eu lieu en l’église St Vicent de Castelnau-le-Lez le lundi 24 juin-13. 3 drapeaux étaient présents (Section locale de la SMLH34, ALAAI et le nôtre).Présidents présents : comité SMLH/pic St Loup, ALAAI. Une modeste délégation de notre section (Jacques Bouthier et Michel Bain avec le drapeau) y assistait bien que Gabrielli n’appartint pas à notre association, mais il avait été membre de l’UDLH/DPLV créée par le colonel FOUCHER. 3 rescapés des camps viets étaient présents dont notre camarade Francis Turelier.

Joseph GABRIELLI